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[La Bourse au Quotidien] Saint-Valentin : Wall Street est de nouveau très amoureux de la FED !

Saint-Valentin : Wall Street est de nouveau très amoureux de la FED !
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Alors que le Dow Jones, le Nasdaq et le S&P500 sont revenus sur leurs sommets annuels – et ont même inscrit de nouveaux records mardi soir -, le premier commentaire d’un gérant vedette de Wall Street au moment du coup de cloche final a constitué un résumé implacable de la situation : « le marché est en lévitation ».

Oui, il l’est effectivement en cette mi-février puisque la hausse s’est poursuivie hier (certes à un rythme plus modeste que mardi), échappant ainsi à l’attraction terrestre par la seule grâce de l’éloignement du risque de « shutdown » à la suite du compromis conclu au forceps par les camps républicain et démocrate.

Un « deal » quelque peu bancal aux yeux de Donald Trump, mais s’y opposer aurait représenté un risque politique impossible à assumer.

Concrètement, les parlementaires américains ont approuvé le financement de 90 kilomètres de mur supplémentaires et l’accord de principe qu’ils ont scellé prévoit un budget de 1,375 Mds$, soit un peu moins du quart de celui exigé par le chef de l’exécutif américain (5,7Mds$) pour achever ce qu’il considère comme le seul moyen efficace pour lutter contre l’immigration clandestine en provenance d’Amérique du Sud. Même si des vidéos démontrent qu’un mur de dix mètres peut être franchi grâce à deux échelles télescopiques valant à peine quelques dizaines de dollars…

Et si d’aventure Donald Trump envisageait de créer une « zone de la mort » (comprenez un minage du terrain sur des dizaines de mètres de largeur, suivant les exemples du mur de Berlin côté soviétique et de la frontière entre les deux Corées), la Ligue des Droits de l’Homme se déchaînerait contre les Etats Unis et les clandestins auraient beau jeu de creuser en cachette des tunnels dans des zones accidentées.

Trêve de digressions, revenons-en à Wall Street ! Maintenant que Steven Mnuchin est à Pékin (comme prévu) et que les principales modalités du compromis sur le mur frontalier sont connues, peut-on raisonnablement trouver justifiée la hausse de 1,5% sur les principaux indices américains ? Mais ce ne sont pas seulement les écarts qui importent : ce qui est ici stricto sensu remarquable, c’est la façon dont 0,1% en plus ou en moins font la différence.

Le secteur pétrolier en soutien

Tout comme vendredi dernier, le fait que les indices ont clôturé mardi en hausse de 1,4% et non de 1,3% – tout comme au terme de l’ultime séance de la semaine dernière, où +0,2% ou +0,3% faisaient toute la différence en termes de performance hebdomadaire – n’est pas anodin. Ce différentiel de 0,1% en plus permet en effet de « soulever » les résistances annuelles et de faire passer artificiellement au vert pléthore d’indicateurs « techniques », lesquels abusent des systèmes de trading algorithmiques que nous savons sourds et aveugles au contexte économique sous-jacent.

Immanquablement, les « algos » sont restés à l’achat mercredi et c’est le secteur pétrolier qui a servi de locomotive dans le sillage de l’annonce que l’Arabie Saoudite allait refermer un peu plus son robinet (le baril a pris 2% sur le NYMEX à 54$).

Une nouvelle fois, c’est le principe de la « queue qui remue le chien » et ce ne sont ni les chiffres du jour (le « CPI »  est ressorti inchangé en séquentiel par rapport à décembre et le taux annuel s’est contracté de 0,3 point à 1,6%), ni les publications trimestrielles (au demeurant mitigées) qui ont dopé le moral des troupes : c’est le constat que les actions montent « malgré tout » qui induit le sentiment que le marché est invulnérable et ne peut donc que continuer à monter parce qu’un trop grand nombre de gérants restent sous-pondérés (pour d’excellentes raisons).

C’est en substance le « narratif » qui émerge et se renforce au fil des jours, conforté par un « VIX » retombé vers 15,5 et qui affiche ses meilleurs niveaux depuis le 5 octobre dernier, alors que les indices boursiers évoluent encore à 10% de leur zénith.

Au bout du compte, le rythme de progression est quasi-métronomique et se situe autour de +2% par semaine, ce depuis deux mois jour pour jour. Quant aux marchés obligataires, ils progressent à l’unisson, affichant des niveaux qui ne s’expliquent que par l’anticipation d’une récession. A contrario, les actions grimpent sur la conviction que le ralentissement n’est justement pas en vue avant 2020, si tant est qu’il devait avoir lieu. Suprême paradoxe !

Gageons que d’ici là, les banques centrales auront sorti un nouveau lapin de leur chapeau, sachant que Loretta Mester (de la FED de Cleveland) a déjà vendu la mèche mardi en annonçant que les réflexions avancent au sein du conseil de politique monétaire de la FED autour d’une suspension du cycle de réduction du bilan amorcé il y a 18 mois.

En ce jour de Saint-Valentin, voilà de quoi rendre Wall Street de nouveau très amoureux de la Réserve fédérale !

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TAGS: Analyses indices, FED, La Bourse au Quotidien, Loretta Mester, mexique, NYMEX, Pétrole, Steven Mnuchin, US
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