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[La Bourse au Quotidien] Bourses : le grand retour des fonds activistes !

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Cette fin d’année restera marquée par l’absence hautement probable de rally de Noël, par l’irrésistible montée de l’aversion au risque (les fonds d’investissement américains ont subi des retraits pour l’équivalent de 27,7 Mds$ au cours de la seule semaine du 10 au 14 décembre) et par le retour sur le devant de la scène des « fonds activistes ».

Contrairement à une mauvaise réputation tenace, ils n’ont pas tous le profil de vautours (qui dépècent les cadavres) ou d’oiseaux de proie (qui fondent sur des victimes impuissantes pour les dévorer) : beaucoup se comportent plutôt comme des « oies du Capitole » et déclenchent l’alarme lorsqu’ils identifient des lacunes dans le management, des erreurs stratégiques ou encore des opportunités de meilleure valorisation des actifs…
Et tout comme les oies, ils peuvent venir pincer les mollets des dirigeants et des membres des conseils administration qui se reposent sur leurs lauriers.

Les activistes refont parler d’eux alors qu’ils n’ont pas vraiment forcé l’allure en 2018 (environ 670 offensives cette année, comme la précédente), mais la grosse différence est qu’ils ciblent depuis cet automne des entreprises dont la capitalisation est plus importante.

Sur les quelques 200 « campagnes » qui ont visé des sociétés dont la capitalisation boursière dépasse 1Md$, 20 concernaient en effet des groupes pesant au moins 10 Mds$.

Trian Fund Management (de Nelson Peltz) est notamment entré au capital de Procter & Gamble (US7427181091-PGP) à hauteur de 3,5Mds$ et a obtenu un siège au conseil d’administration.

Sur le plan géographique, il faut par ailleurs souligner que 50% des cibles des « fonds activistes » ont été des sociétés américaines, les 50% restants se situent dans le reste du monde, en Europe et en Asie (à l’exception de la Chine, où tout est verrouillé).

Sur le Vieux Continent, 13% des campagnes ont visé des entreprises affichant des capitalisations de 5 à 10Mds$,soit 2,5 fois plus qu’en 2017.


Le ver Elliott Management est entré dans le fruit Pernod-Ricard

Et sur 43 campagnes lancées par des fonds activistes, 75% l’ont été par des fonds américains tels que Corvex Management, Sachem Head Capital Management, Trian (déjà cité) et le plus célèbre d’entre eux, Elliott Management, dirigé par Paul Singer. Pesant quelque 35 Mds$, ce dernier vient de s’attaquer à Pernod-Ricard (FR0000120693-RI), c’est officiel depuis mercredi dernier, en ramassant 2,5% du capital du groupe de spiritueux pour un montant estimé à près de 1,2Mds$ (1Md€). Il n’a pas caché ses ambitions, réclamant « un plan d’amélioration opérationnelle plus ambitieux et l’alignement de la gouvernance d’entreprise avec les meilleures pratiques du marché ».

Aidé par Alain Minc, Elliott Management fustige en particulier la plus faible rentabilité de Pernod face à Diageo (26% de marge contre 31%) ainsi que la perte de parts de marché dans des spiritueux comme le whisky, le gin et même la vodka (le groupe ne parvient pas à rentabiliser l’achat d’Absolu vodka en 2008, juste avant la crise).

Pernod Ricard n’en demeure pas moins une entreprise qui se porte bien (l’action affiche une hausse de 12,3% cette année) et est l’une rares « rescapées »du CAC40, au sein duquel pléthore de sociétés ont vu leur titre céder de 15 à 50%. Mais les fonds activistes ont également leur côté sombre et ne répugnent pas à s’attaquer à des entreprises fragiles, surendettées et à les démolir boursièrement à grands renforts de ventes à découvert massives.

Odey Management s’en était notamment pris à Peugeot en 2014 et Citron Research a plus récemment ciblé Tesla. Important vendeur à découvert, Andrew Left a au surplus déposé une plainte en nom collectif il y a quelques semaines, accusant à juste titre Elon Musk, ci-devant président du conseil d’administration du fabricant californien de voitures électriques de luxe, d’avoir manipulé le cours de Bourse de la société en faisant croire qu’il disposait des moyens et des appuis nécessaires pour racheter les minoritaires et sortir Tesla de la cote, avant de se raviser.

Et puis il existe aussi, il faut le reconnaître, des comportements de vautours lorsqu’il s’agit d’acculer une entreprise à une quasi-faillite afin d’obtenir une restructuration de la dette, soit par conversion en actions (l’activiste s’arrange alors pour devenir majoritaire et revendre ensuite à la découpe), soit via un rééchelonnement de ladite dette qui lui confère une valeur supérieure au « pricing » d’avant un supposé défaut.

Elliott Management – encore lui – avait ainsi raflé trois fois la mise sur la dette argentine en achetant des tranches relevant de la juridiction américaine et que le gouvernement de Buenos Aires fut obligé d’honorer dans leur intégralité, faute de pouvoir faire défaut partiellement ou intégralement, à la suite d’un jugement rendu par la justice américaine en mars 2016.


Ainsi les fonds activistes ne sont-ils certainement pas des anges, mais ils ne sont pas non plus de démons et savent également trouver de précieux alliés au sein des familles, des conseils d’administration, des groupements d’actionnaires, de la presse financière etc.

Ils obligent donc les entreprises à mieux se « border », à mieux verrouiller leur capital et surtout, à éviter de faire trop de mécontents parmi les actionnaires qui comptent.


Avec la correction qui se propage depuis début octobre, les rangs des actionnaires mécontents grossissent, mais il y a aussi – surtout – beaucoup plus d’entreprises en situation de vulnérabilité et qui vont devenir des cibles faciles pour des fonds laissant s’exprimer leur instinct (ou leur talents) de vautours.

Dans l’immédiat, il ne sont pas nombreux à tournoyer dans le ciel, mais cela pourrait changer vite… Très vite même si Wall Street enfonce ses supports annuels d’ici fin 2018 ou début janvier 2019.

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TAGS: Absolut Vodka, Actions, Alain Minc, Big caps, Citron Research, Corvex Management, Diageo, Elliott Management, Elon Musk, Indices, sociétés et marchés, La Bourse au Quotidien, Odey Management, Pernod Ricard, Procter & Gamble, Sachem Head Capital Management, TESLA
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