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[L’événement Précis] Edito: Trois ans de défis

Edito: La guerre des logos
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Patrice Talon n’a pas tout réussi en trois ans de pouvoir. Mais, il est un chantier sur lequel il a atteint ses objectifs : c’est celui des grands travaux. Sur ce front en effet, les réalisations et les prévisions parlent d’elles-mêmes. Dans une ville comme Cotonou qui absorbe 40% du projet, l’asphaltage est en cours d’exécution sur 237 km. Ce sont des travaux de bitumage et d’assainissement, complétés par divers travaux urbains. Plus de 11.000 lampadaires solaires seront installés, sans compter les feux tricolores, les indications verticales, l’aménagement des espaces. L’environnement urbain de la ville de Cotonou en sera profondément transformé. En tout, dans tout le Bénin, ce sont 660 rues qui seront asphaltées ou pavées à Abomey, Abomey-Calavi, Bohicon, Cotonou, Lokossa, Porto-Novo, Natitingou, Sèmè-Kpodji et Parakou.
Voilà un projet parmi le florilège de ces trois ans de Talon. Malgré les adversités politiques les plus tenaces, il est difficile de ne pas voir l’ambition, la méthodologie et l’efficacité de la conduite de ces travaux concrets. Les Béninois n’en demandent pas mieux. Car il en est du projet Asphaltage comme des autres grands projets structurant la gouvernance Talon. Les défis de l’énergie et de l’eau potable, la construction des stades omnisports, la lutte contre l’érosion côtière, le projet ARCH, la restructuration de la Police, la lutte contre l’insécurité, la maîtrise des mouvements de débrayage dans la fonction publique, ce sont quelques-uns des changements aux relents révolutionnaires qu’apporte le régime Talon. Révolutionnaires, parce qu’il y en a parmi ces réalisations auxquelles personnellement je ne croyais plus. C’est le cas des grèves sauvages qui se sont estompées, non pas parce que les problèmes n’existent plus (il y en aura toujours), mais parce que les responsables syndicaux sont désormais contraints de négocier à fond pour tenir compte aussi des droits des usagers des services publics.
La réforme des réformes, selon c’est bien la création de la CRIET. On sait bien que certains Béninois n’aiment pas cette juridiction mais elle constitue à mon avis, la clé de voûte de l’appareil répressif mis en place pour lutter contre la corruption. Car, la corruption existe dans tous les pays du monde. Mais ce qui a différencié la corruption au Bénin et en Afrique de ce qui se passe ailleurs dans le monde, c’est le règne de l’impunité. Et tant que certains citoyens auront le droit à la corruption, il faut être sûr qu’aucune lutte ne sera sincère. C’est pourquoi, j’ai toujours souhaité qu’une révision de notre constitution permette aux juridictions ordinaires de connaître des cas de corruption de tous les citoyens, y compris des ministres, députés ou même du Président de la République.
Mais la révision de la constitution a échoué, à deux reprises. C’est le principal point noir du bilan de Patrice Talon. La fétichisation d’une loi fondamentale objet de tous les fantasmes d’une certaine classe politique, aura été la pierre d’achoppement des luttes politiques de ces trois dernières années. Sans s’en rendre compte, et surtout en se cramponnant aveuglément à une stratégie de critiques à tout vent, l’opposition a torpillé son propre avenir face à un président qui demandait un mandat unique et une diminution des pouvoirs constitutionnels exorbitants qu’il détient. Les soupçons les plus infantiles ont été brandis pour contrecarrer le projet. Je n’ai jamais compris à quoi correspond une opposition qui refusait systématiquement de saisir l’occasion dont rêvent la plupart des oppositions africaines pour empêcher le Chef de l’Etat de s’éterniser au pouvoir. Résultat, Patrice Talon n’est plus obligé de ne faire qu’un seul mandat comme il le demandait. S’il décide de briguer un nouveau mandat en 2021, il faut être naïf pour penser qu’il peut échouer, alors même qu’il détient toutes les ficelles du pouvoir.
Le prochain défi, c’est bien l’élection législative du 28 avril 2019. En contrôlant les deux listes en compétition, le Chef de l’Etat rattrape ses propres contreperformances politiques. Non seulement il disposera d’une majorité nette pour réviser la constitution, mais encore, il tiendra loin de l’hémicycle une frange d’opposants déterminés à le faire échouer. Mais avant, il faudra à tout prix sauvegarder la sécurité et la paix au cours des opérations électorales à venir. C’est une autre paire de manches, par ces temps de turbulences.

Par Olivier ALLOCHEME

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TAGS: Edito du 8 avril 2019, Editorial
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