L’événement Précis

[L’événement Précis] Edito: Le compromis nécessaire

Edito: La guerre des logos
X
Nouvelle annonce

L’Assemblée nationale doit trouver aujourd’hui la formule idéale pour permettre à tous les partis de participer au scrutin du 28 avril prochain. Ce ne sera pas une tâche facile, au regard du dépassement de tous les délais, le dernier étant celui d’hier qui rend désormais caduques tous les anciens partis n’ayant pas pu obtenir leur certificat de conformité. Au regard de la loi encore en vigueur, ils sont obligés de disparaître. En clair, ce lundi, légalement, il n’y a plus ni FCBE, ni USL, ni RE, encore moins UDBN ou DUD.
En dépit de tout ce que l’on peut dire pour blâmer tel camp pour sa ruse ou sa rage supposée, ou tel autre camp pour son incapacité à respecter les nouveaux textes de lois en vigueur, il y a une évidence : avoir deux partis du même bord pour les élections législatives n’est pas une bonne chose pour la vitalité démocratique du Bénin. Il faut compter sur la capacité de nuisance des partis aujourd’hui à la touche. Ils paieront des badauds pour semer le désordre lors des campagnes et des opérations de vote. La circulation des armes légères constatée ces dernières semaines dans certaines parties du pays, est le signe le plus évident qu’il y a au moins un parti politique qui se prépare à des affrontements armés. Il ne faut donc pas penser que les militants des partis en difficulté se laisseront faire.
En même temps, nul n’a le monopole de la violence. Il ne faut pas penser que seuls les militants de l’opposition ont une capacité de nuisance. Et tout se passe comme si la minorité parlementaire s’impose à la majorité. Les compromis auxquels seront résolus les partis de la mouvance seront amers. D’autant que ces partis ont été forcés à la disparition pour respecter les exigences des nouvelles lois, pendant que les autres ont choisi pour la plupart de ruser avec les textes. Et seront de toute évidence admis à concourir. Les compromis auxquels seront réduits tous les partis, désavantageront tous ceux qui ont eu la sagesse de respecter les lois. Les autres ont choisi d’affronter les textes et sont en passe de l’emporter. Les nouveaux textes obligent les partis à former de grands ensembles, eux ils ont choisi de conserver leurs identités et vont probablement s’imposer à ceux qui sont allés jusqu’à se saborder pour respecter la loi.
Un jour viendra où l’on posera cette question : pourquoi les acteurs politiques ont du mal à respecter les lois qu’ils ont eux-mêmes votées ?
Mais au 28 avril prochain, personne ne mènera ce débat. On demandera si l’élection a été pacifique ou violente, si tous les partis y ont participé ou pas. Voilà les questions que la communauté internationale se posera et sur la base desquelles sera jugée la démocratie béninoise. Pour maintenir la respectabilité internationale du pays basée essentiellement sur le dividende démocratique (ce qu’on a appelé la prime à la démocratie), il faudra que l’Assemblée trouve une solution.
En quoi faisant ?
En prolongeant les délais de mise en conformité, tout en en allégeant les conditions. Accorder six mois supplémentaires ne serait pas de trop. Dans ce sens, il faut ouvrir le scrutin à tous les anciens partis désireux d’y participer, sans pour autant supprimer le quitus fiscal. Tous ces aménagements agiront sur le calendrier électoral déjà serré. Les délais accordés ne devraient donc pas dépasser une semaine, au risque d’avoir à gérer les conséquences d’un vide juridique à partir du 15 mai prochain.
Les plus lésés dans ce schéma, ce sera le Bloc républicain et l’Union progressiste. Paradoxalement, la majorité qu’ils détiennent sera celle qui votera les amendements attendus. Si ces amendements ne les arrangent pas, il ne faut pas s’attendre à une quelconque mansuétude de leur part. D’autant d’ailleurs qu’ils ont aujourd’hui le mauvais rôle d’avoir déjà aligné leurs candidats. Ils ont encore la possibilité de refuser le consensus, en faisant jouer le jeu de la majorité qui est, après tout, le jeu même de la démocratie, quoi que l’on puisse en dire par ailleurs. Mais la voie de la sagesse et de la realpolitik recommande le compromis. C’est le seul gage d’une élection pacifique et inclusive.

Par Olivier ALLOCHEME

Cliquer pour lire la publication originale sur le site de l'auteur.

La majorité des publications de ce site provient d'autres sites dont les contenus sont relayés. Leurs auteurs et les sources d'origine sont précisés à chaque fois. Par ailleurs, en continuant votre session, vous acceptez que nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur.Ok

TAGS: Edito du 18 mars 2019, Editorial
[L’événement Précis] Edito: Que nous reste-t-il à faire ?
Fermer