Le Magazine de L'afrique

[Le Magazine de L'afrique] Ysabel Saïah-Baudis (éditrice) : Des livres comme pont entre Orient et Occident

Microfinance: les ambitions de la faitière des caisses populaires
X
Nouvelle annonce

À travers une série de livres, l’éditrice Ysabel Saïah-Baudis met en lumière l’extrême diversité et richesse de la civilisation orientale. Sélection.

Par Yasmina Lahlou

Née à Alger d’une mère pied-noir et d’un père algérien, vivant en France, Ysabel Saïah Baudis est elle-même l’auteur de plusieurs ouvrages dont Pieds-noirs et fiers de l’être (Éditions Lafon), Haram, itinéraire des femmes orientales (Le Chêne), Les Mille et une nuits érotiques, d’après des illustrations de Van Dongen (Hazan).

Elle a fondé en 2011 les éditions Orients qui apportent un nouvel éclairage sur ces terres orientales à la fois si riches et si décriées sous d’autres cieux par les médias, car obscurcie, voire salie, par le fondamentalisme religieux. Profondément attachée à la Méditerranée et aux pays arabo-musulmans, du fait notamment de ses racines algériennes, Ysabel Saïah Baudis veut contribuer à faire mieux connaître les grandes figures, célèbres ou non, du monde arabe et de l’islam à travers les ouvrages qu’elle édite.

Car rares sont ceux en Europe qui peuvent se targuer de réellement connaître la littérature, la poésie et la philosophie des penseurs humanistes auxquels s’attaquent les djihadistes, et c’est précisément l’ambition de l’éditrice.

Elle choisit de publier livres des qui s’inscrivent dans la lignée d’un islam des Lumières. Ainsi, afin de diffuser plus largement la pensée mystique soufie, les éditions Orients traduisent en français des oeuvres jusque-là accessibles aux arabophones seulement.

Des oeuvres d’auteurs maghrébins, andalous ou même persans qui font partie du patrimoine universel. Tous les livres publiés par la maison d’éditions Orients illustrent la richesse de la culture arabo-islamique, la réhabilitent et nous rappellent que cette culture a eu son âge d’or. Et dans le monde actuel où, de l’Orient à l’Occident cette culture est malmenée, il est plus que jamais nécessaire de lire ou relire ces ouvrages fondateurs.

Regards persans, par Elizabeth Guyon Spennato. Entre carnet de voyage et livre d’art, l’ouvrage fait découvrir la nouvelle génération iranienne. Des poèmes anciens et modernes, en français et en farsi, qui reflètent l’âme de l’Iran, accompagnent ce singulier voyage. De ses racines méditerranéennes, l’auteur Elizabeth Guyon Spennato a appris que le voyage fait la vie. D’abord la Chine où elle joue la comédie, chante et écrit des chansons en chinois. Un accident l’immobilise pendant dix ans et elle réapprend à vivre par la poésie et les voyages. C’est en Iran qu’elle retrouve goût à la vie grâce à la photographie, à la poésie toujours et à ces regards persans qui sont comme des lueurs d’espoir.

Je suis arabe, mais je me soigne, de Lotfi Ben Sassi. Il est surnommé le « Plantu tunisien », ou « Bokbok » du nom de son personnage qui parle tous les jours à la une de la Presse de Tunis, un quotidien francophone. Après La femme est l’avenir de l’homme, il croque la vie de son pays et les travers de ses chers compatriotes de là-bas et d’ici. Pour le meilleur et pour le rire ! Le dessinateur de presse et scénariste, né à La Marsa dépeint depuis plus de quinze ans la rue arabe et son humour pour faire mieux voir et réagir. Le caricaturiste tunisien manie avec talent l’autodérision.

Le soleil n’était pas obligé, de Saad Khiari. Dans le roman d’Albert Camus l’Étranger, Meursault, condamné à mort, laisse seule sa compagne Marie Cardona qui vit désormais dans le sud de la France. En lisant le livre de Kamel Daoud, Meursault contre-enquête, elle s’aperçoit que l’Arabe était son frère. Elle retourne en Algérie pour un voyage initiatique qui se révélera fécond et imprévu. Un autre regard, très positif, sur les relations entre la France et l’Algérie. L’auteur Saad Khiari est cinéaste diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques de Paris (IDHEC). Après avoir écrit dans plusieurs quotidiens et magazines, il publie un premier livre sur le dialogue interreligieux, puis le Le soleil n’était pas obligé qui revisite les relations franco-algériennes. Un roman qui casse les clichés et rapproche les deux pays.

Cliquer pour lire la publication originale sur le site de l'auteur.

La majorité des publications de ce site provient d'autres sites dont les contenus sont relayés. Leurs auteurs et les sources d'origine sont précisés à chaque fois. Par ailleurs, en continuant votre session, vous acceptez que nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur.Ok

TAGS: Alger, Algérie, Art et Culture, Culture, Le Magazine de L'afrique, Maghreb, Par Hichem Ben Yaïche, Par Yasmina Lahlou, Vendredi 23 novembre 2018
[L’événement Précis] Fitheb 2018: La coopération permanente reste la solution fondamentale…
Fermer