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[Le Magazine de L'afrique] Un nouveau souffle pour le CILSS

Microfinance: les ambitions de la faitière des caisses populaires
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Le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel, un regroupement de treize pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, fait face à des problèmes financiers et de personnel qui freinent son fonctionnement. Mais il tente de se donner un nouvel élan. 

N’Djaména, Geoffroy Touroumbaye 

Le CILSS (Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel) a été créé en 1976 lors de la première sécheresse qui a frappé durablement le Sahel. Au fil des ans, ses missions ont évolué pour être recentrées en 1995 autour de la sécurité alimentaire et de la gestion des ressources naturelles que connaissent ses pays membres (Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Togo et Tchad).

Beaucoup de ces pays sont touchés, chaque année, par la malnutrition qui fait de nombreuses victimes et les effets des changements climatiques y sont de plus en plus difficiles à supporter. « Il en résulte un taux de pauvreté élevé, particulièrement en milieu rural, accentuant l’émigration et l’exode rural, et compromettant la stabilité et la sécurité de la région », déplore Djimet Adoum, secrétaire exécutif du CILSS. 

Le CILSS fait face à des difficultés financières qui entravent son fonctionnement. Les pays membres ne paient pas régulièrement leurs cotisations. Plus de 90 % du budget sont couverts par des partenaires techniques et financiers. « Cela constitue une faiblesse que nous devrons relever en mettant en place des mécanismes pour y faire face », reconnaît Salifou Ouédraogo, ministre burkinabé de l’Agriculture et coordonnateur du CILSS. 

Le CILSS vient de mobiliser plus de 1,3 milliard de dollars pour financer des projets structurants dans les domaines du pastoralisme, de l’irrigation, etc. Cependant, quelques États membres peinent à être à jour de leurs cotisations.

Lors du dernier sommet des ministres, tenu le 14 mars à N’Djaména, les partenaires financiers et techniques du CILSS ont pointé du doigt cet enlisement de l’organisation. Richard Bell, chargé d’affaires au Tchad de l’ambassade des États-Unis (qui sont le chef de file des bailleurs), a même suggéré la tenue d’un conseil extraordinaire de l’organisation sur cette question, courant 2019. 

Conséquence de cet enlisement financier, la réforme de l’organisation tant souhaitée marque le pas. La réunion de N’Djaména a ainsi débouché sur une série de décisions et recommandations. Pour améliorer les comptes de l’institution, elle recommande la poursuite des efforts de sensibilisation auprès des États membres.

Un processus de recrutement sera engagé en novembre 2019 jusqu’en février 2020. Le plan d’opération et le budget 2019-2020 du CILSS ont été également adoptés, mais leurs montants n’ont pas été dévoilés. Et le mandat de Djimet Adoum a été prolongé jusqu’au terme de la réforme engagée. 

Une organisation renforcée 

Le secrétaire exécutif relativise la situation. « Le CILSS se porte très bien, malgré le fait qu’on écrit ou dit ici et là qu’elle fait face à d’énormes difficultés financières. En réalité, ces difficultés sont liées aux contributions des États membres, qui représentent 10 % de son budget et qui tombent au compte-gouttes », affirme Djimet Adoum. Pour preuve, il ajoute avoir réussi à mobiliser plus de 1,3 milliard de dollars pour financer des projets structurants dans les domaines du pastoralisme, de l’irrigation, etc. 

À N’Djaména, les ministres ont mis l’accent sur le renforcement de l’organisation dont les champs d’action et les sollicitations s’élargissent de jour en jour. « Cette dynamisation doit s’opérer par une forte mobilisation financière pour une mise en oeuvre des programmes et projets de développement profitables aux populations sahéliennes et ouest-africaines», insiste Salifou Ouédraogo. 

Un Salon africain de l’agriculture 

Pour assurer un financement durable et autonome de l’organisation, Djimet Adoum a sa petite idée : prélever 10 % du coût de chaque projet. « Avec 10 % de chaque convention et les contributions régulières des États membres, nous pourrons avoir un noyau dur de 47 personnes pour bien accomplir les fonctions régaliennes du CILSS », explique-t-il. Mais certaines conventions sont liées par des contraintes juridiques qui empêchent les partenaires d’accorder les 10 %. Toutefois, ceux-ci s’engagent financièrement dans le renforcement des capacités du CILSS. 

Avec l’appui du gouvernement tchadien, le CILSS a organisé, mi-mars à N’Djaména, le premier Salon africain de l’agriculture (Safagri). Ce salon a réuni plus de 200 exposants venus d’une quarantaine de pays d’Afrique autour du thème « transformation des chaînes de valeur agricoles en Afrique, face aux défis économiques, climatiques et sécuritaires ».

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TAGS: Afrique de l'Ouest, CILSS, Geoffroy Touroumbaye, Jeudi 16 mai 2019, Le Magazine de L'afrique, Niamey, Régional, Sahel
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