Le Magazine de L'afrique

[Le Magazine de L'afrique] Sénégal : Nouvelles privatisations

Microfinance: les ambitions de la faitière des caisses populaires
X
Nouvelle annonce

L’État sénégalais s’apprête à (re) privatiser certaines entités publiques. À commencer par le producteur d’huiles Sonacos. Le FMI et la Banque mondiale pressent fortement dans ce sens.

Dakar, Seydou Ka

Cette  année, la récolte a été bonne puisque j’ai battu mon record de production arachidière. Le seul hic, je peine à écouler cette production », se lamente Mamadou, un producteur de la région de Kaolack (Centre), le coeur du bassin arachidier du Sénégal.

Une complainte parta­gée par de nombreux producteurs. Consé­quence d’une bonne pluviométrie, la produc­tion arachidière, principale culture de rente, a atteint un pic de 1,4 million de tonnes en 2017.

Une production qui peine à trouver acquéreur. Surtout après le retrait des ache­teurs chinois, dont l’appétit a été freiné par la chute du cours de l’arachide sur le marché international et la taxe (de 10 %) imposée par le gouvernement sur les importations. Si l’État est revenu depuis sur cette mesure controversée, les négociants chinois se font toujours désirer.

Première huilerie du pays, la Sonacos demeure le principal animateur de la campagne de commercialisation. Début janvier, un mois seulement après le démarrage de la campagne – qui s’étale sur quatre ou cinq mois –, elle avait déjà collecté 46 000 tonnes, contre 26 000 tonnes à la même période de 2017.

À ce rythme, l’objectif de 250 000 tonnes sera largement dépassé avant la fin de la campagne. « Avec l’appui bienveillant du gouvernement, nous avons pu mobiliser auprès d’ITFC, filiale de la BID, un financement suffisant (environ 52 milliards de F.CFA, 79 millions d’euros) pour couvrir nos besoins », assure Pape Dieng, direc­teur général de la Sonacos.

Toutefois, il n’est « ni envisageable ni imaginable » pour l’huilier d’acheter l’ensemble de la récolte. Bien sûr, le Sénégal est loin de la désastreuse campagne de 2015, lors de laquelle la Sonacos, alors contrô­lée par le groupe Advens de l’homme d’affaires franco sénégalais Abbas Jaber, n’avait pu collecter que 7 000 tonnes, entraînant l’arrêt de quatre des cinq unités.

Pour sauver cet ancien fleuron national de la faillite, l’État avait dû le renationaliser et avait confié au duo Pape Dieng-Youssoupha Diallo, respectivement directeur général et président du conseil d’administration, la délicate mission de redresser l’entreprise et de préparer une nouvelle privatisation.

Celle-ci devrait intervenir avant fin 2018. C’est du moins l’engagement pris par le gouvernement auprès du FMI. Si la question de l’approvi­sionnement en graines (qui avait entraîné l’arrêt des usines en 2016) semble réglée, la dette bancaire de l’entreprise demeure élevée, bien que ramenée à 40 milliards de F.CFA (61 millions d’euros) contre 54 milliards au moment de la renationalisation.

D’autres fleurons devraient suivre

Le gouvernement espère obtenir un prêt de 100 millions d’euros (65,5 milliards de F.CFA) d’Afreximbank pour éponger la totalité de cette dette. Il faudra aussi un investissement d’environ 15 milliards de F.CFA pour moderniser les installations.

Un investissement difficilement supportable par l’État dans un contexte de rationalisation des dépenses publiques. D’où la nécessité d’une nouvelle privatisation. « Il faut un désenga­gement graduel de l’État de certaines activités, explique Pape Abdoulaye Seck, le ministre de l’Agriculture. Ce qui signifie une privatisation réussie de la Sonacos, intégrant les intérêts des acteurs mais aussi de l’État».

The post Sénégal : Nouvelles privatisations appeared first on Le magazine de l'Afrique.

Cliquer pour lire la publication originale sur le site de l'auteur.

X
Nouvelle annonce

La majorité des publications de ce site provient d'autres sites dont les contenus sont relayés. Leurs auteurs et les sources d'origine sont précisés à chaque fois. Par ailleurs, en continuant votre session, vous acceptez que nous utilisons des cookies pour améliorer votre expérience utilisateur.Ok

TAGS: African Business, Afrique de l'Ouest, Dakar, ECONOMIE, Finances, Finances publiques, Le Magazine de L'afrique, Mercredi 14 mars 2018, Privatisation, Senegal, Seydou Ka
[Financial Afrik] Sénégal: les assurances collectives dominent le marché de l’assurance vie
Fermer