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[Le Magazine de L'afrique] Niger : Un secteur hôtelier en mutation

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Quelque 5 000 invités sont attendus à Niamey en juillet 2019, à l’occasion de la 33e Conférence au Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Les professions de l’hôtellerie doivent relever le défi de l’hébergement.

Niamey, Sani Aboubacar

Sans nul doute, l’organisation de la conférence des chefs d’État de l’Union africaine (UA) à Niamey, en juillet 2019, constitue une grande opportunité pour l’hôtellerie du Niger.

Pourtant, Ahmed Boto ministre du Tourisme et de l’artisanat, à l’issue d’une visite de terrain effectuée, en juin 2018, déplorait « un délabrement avancé de certaines structures hôtelières, le non-respect de la réglementation et l’existence des établissements clandestins ».

Un défi que le ministère du Tourisme s’est, dès lors, engagé à relever à travers la mise aux normes, et à niveau, des structures hôtelières, ainsi que par le renforcement des capacités du personnel.

En 2014, le Niger disposait de 103 hôtels (dont 51 à Niamey), totalisant une capacité de 2 284 chambres et 2 961 lits. Un des objectifs que se sont fixés les autorités nigériennes dans le secteur du tourisme, réside dans «l’amélioration qualitative et quantitative des réceptifs hôteliers du pays, pour relever ainsi la capacité d’hébergement de 9,6 % avec la construction de 47 nouveaux hôtels et la réhabilitation de onze autres », explique le ministre du Tourisme.

Afin d’encourager le tourisme, le gouvernement compte porter une attention particulière à l’engagement des investissements privés, à la diversification de l’offre touristique, ainsi qu’à l’amélioration qualitative et quantitative du réceptif.

Cette politique a permis de rehausser les recettes hôtelières de 7,7 % en 2017 et l’arrivée des touristes de 37%.

Dans la perspective du sommet de l’UA « le nombre des hôtels va doubler grâce aux chantiers en cours d’exécution dans la ville de Niamey où 15 hôtels de grand standing sont en construction, comme le Présidentiel qui compte 250 chambres », se réjouit Anafi Souleymane, directeur du Centre national de promotion touristique (CNPT).

Selon lui, le Niger dispose actuellement d’un seul hôtel 5 étoiles opérationnel, le Soluxe, « mais on compte 5 hôtels en cours de construction et qui veulent se positionner sur le segment des 5 étoiles ».

Par exemple, le Gawèye, l’un des plus anciens du pays, vient d’être concédé au groupe indien Bravia Hotel, qui consentira les investissements nécessaires pour gagner sa 5e étoile. Du reste, l’estimation maximale de 5 000 lits pour les besoins de la Conférence de l’UA est en passe d’être atteinte car « déjà en 2018 on avait 15 hôtels ».

Cependant, il reste difficile de déterminer l’apport de ce secteur à l’économie du pays. Le ministre du Tourisme l’estime cet apport entre 100 et 150 milliards de F.CFA (229 millions d’euros). En 2010, l’hôtellerie et la restauration représentaient environ 2 % du PIB du Niger, tandis que le tourisme et l’artisanat représentent environ 30 % du PIB.

Selon les chiffres du ministère du Tourisme, en 2016, le chiffre d’affaires des établissements hôteliers s’élevait à 52,31 milliards de F.CFA (79,8 millions d’euros) contre 38,2 milliards en 2006 (58,2 millions d’euros).

D’énormes défis à relever

En matière de masse salariale, les établissements touristiques représentent 851 millions de F.CFA (en 2016). Le directeur du CNPT reste ainsi convaincu que « le secteur de l’hôtellerie marche bien au Niger », lui qui veut positionner Niamey comme un hub d’affaires capable de postuler pour abriter de grandes rencontres internationales.

Au-delà de dynamiser le secteur hôtelier, le rendez-vous de l’Union africaine sera une occasion pour Niamey de relever le défi lié à la qualité de l’offre de ce secteur.

Et surtout de démontrer le bon fonctionnement et la viabilité de ces infrastructures. Une situation que Anafi Souleymane résume : « Au Niger, les gens investissent lourdement pour construire des hôtels, mais sont confrontés à la qualité du personnel. Très souvent, ce sont des entreprises familiales, qui ont tendance à recruter en priorité les membres de la famille».

En outre, les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie ne bénéficient pas de conditions spéciales devant faciliter les investissements.

« Ces secteurs sont sous le même registre que n’importe quelle entreprise du Niger », poursuit-il ; « or une entreprise touristique recrute au moins 20 personnes, et contribue fortement à la réduction du chômage. » Le seul recours pour les hôteliers est de prendre des crédits bancaires qui, très souvent, grèvent leur fonctionnement.

Les réformes fiscales engagées par le gouvernement du Niger, depuis 2018, ont introduit plusieurs taxes. « La difficulté que nous avons avec ces réformes, c’est de voir nos coûts relatifs aux dépenses de gaz et électricité tripler », regrette le président de l’Association nigérienne des professionnels du tourisme et de l’hôtellerie (ANPTH), Laouel Kader.

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TAGS: Afrique de l'Ouest, Hôtel, Hôtellerie, Jeudi 21 mars 2019, Le Magazine de L'afrique, Niamey, NIGER, Sani Aboubacar
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