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[Le Magazine de L'afrique] Niger : La production laitière cherche sa place

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Au Niger, terre d’élevage, le lait local est à la peine, face à l’importation des produits laitiers. La profession s’organise, encore timidement, pour améliorer ses parts de marché dans une filière cruciale pour le pays.

Niamey, Sani Aboubacar

Pays d’élevage, le Niger se nourrit essentiellement du lait importé qui sert en grande partie de matière première aux industries de transformation laitière. Pourtant, dans ce vaste pays du Sahel, le cheptel est estimé à 37 millions de têtes et 80 % de la population urbaine ou périurbaine pratique l’élevage, en dehors de 20 % d’éleveurs transhumants et nomades. Avec 9,8 millions de têtes de bovins en 2010, le Niger a le plus grand cheptel de la zone Uemoa.

Les industries laitières, à l’image des consommateurs, continuent de préférer le lait importé. Elles font néanmoins des efforts pour accompagner les centres de collectes et ainsi mieux capter le lait produit au Niger, dans les campagnes.

Pourtant, « les capacités de production de nos animaux sont assez limitées », relève Marichatou Hamani, doyen de la Faculté d’Agronomie de l’université de Niamey. « Au Niger, une vache en milieu rural produit à peine 1 à 3 litres de lait par jour ; dans les pays qui sont autosuffisants, un animal produit nettement plus».

Un constat partagé par Abdoul Madjid Ali Dandakoye, ingénieur agroéconomiste, spécialiste de la filière laitière pour l’ONG Karkara : « La filière lait au Niger est confrontée à un problème crucial. Il y a suffisamment d’animaux, mais le rendement de la production laitière est relativement bas par rapport à ce qui se passe ailleurs. »

Selon les statistiques, la production laitière est de 1 milliard de litres par an dont 486 millions de litres de lait de bovin. La part du lait, dont la production est instable, d’une année à une autre et d’une saison à une autre, tourne autour de 40 % de la production de la filière élevage. Avec 63,8 litres par habitant et par an, le Niger a une culture de consommation de lait et des produits laitiers. La consommation globale augmente donc au rythme de la croissance démographique, d’où le besoin d’importations.

Envolée des importations

Entre autres produits laitiers importés, le lait en poudre, le lait concentré sucré, le lait liquide UHT, le fromage et le yaourt. La structure des importations laitières reste dominée par le lait en poudre qui occupe 81 % des importations en quantité et 93 % en valeur.

À l’inverse, les importations des produits laitiers affichent une baisse depuis quatre ans. Les données de l’INS indiquent que le Niger a importé 23 549 578 kg en 2015 à 19 869 590 kg en 2017 et 6 095 926 kg au premier semestre 2018.

Très variée, la gamme des produits laitiers provient d’origines diverses. Elle comprend des marques européennes avec une prédominance des produits français, de l’Asie, de l’Amérique latine, du Maghreb, mais aussi de certains pays voisins comme le Mali et le Nigeria. Dans les unités de ventes, la gamme des produits est diversifiée et variée, et les consommateurs ont accès aux produits de différentes marques.

« Les consommateurs ont une préférence pour les produits laitiers importés, qui sont disponibles», constate Mahaman Nouri, président de l’Association de défense de droits des consommateurs (ADDC) qui souligne que les importations de lait sont destinées à la consommation urbaine, tandis que le lait produit localement est destiné à la consommation en zone rurale (80 % de la consommation du lait local). Alors que la production nationale augmente très faiblement (+1,04 %), la population nigérienne augmente chaque année de 3,3 % constituant ainsi un déséquilibre entre l’offre et la demande laitière.

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TAGS: ?iamey, Afrique de l'Ouest, Agroalimentaire, Elevage, Lait, Le Magazine de L'afrique, Mercredi 21 novembre 2018
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