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[Le Magazine de L'afrique] Mamadou Bocar Sy*: « À l’heure des nouvelles normes »

Microfinance: les ambitions de la faitière des caisses populaires
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Au Sénégal, les banques se préparent aux changements de normes internationales et aux réformes. Président de l’Association des banques et établissements financiers, Mamadou Bocar Sy explique comment les établissements font face à ces chantiers.

Propos recueillis à Dakar par Seydou Ka

Quel bilan tirez-vous de l’exercice 2017 pour le secteur bancaire, au Sénégal ?

L’année a été plutôt chargée ! Elle a été marquée par la préparation de l’entrée en vigueur du nouveau Plan comptable révisé et la transposition des normes Bâle 2 et Bâle 3. Elle a vu aussi la présence de plus en plus forte des nouvelles technologies dans la banque et l’arrivée des opérateurs de téléphonie. Mis bout à bout, ces éléments vont changer la banque et la manière d’exercer le métier. C’est donc un secteur en pleine mutation, très concurrentiel et très ouvert, avec actuellement 25 banques, 412 agences bancaires et 5 150 collaborateurs permanents. Il totalise 1 597 000 comptes bancaires ce qui représente un faible niveau de bancarisation. Avec les projets structurants en cours, nous devrions dépasser les encours de crédit de 2016 qui ressortaient à des engagements de 3 331 milliards de F.CFA (5,08 milliards d’euros).

Les banques sénégalaises ont l’un des taux de créances en souffrance les plus élevés de la sous-région, plus de 15 %. Qu’est-ce qui explique cette situation ?

Il est vrai que ce niveau est relativement élevé. Il traduit, au moins, l’absence de frilosité des banques dans un contexte d’une économie dominée par le secteur informel et un faible taux de bancarisation ! L’explication réside en partie dans l’importance de la commande publique, qui, avec les lenteurs dans les règlements, augmente les impayées et détériore le portefeuille des banques. L’encadrement des PME, une meilleure connaissance du marché et l’appropriation des BIC (bureaux d’information sur le crédit) devraient faciliter le remboursement des crédits. La spécialisation des juges, l’allègement des procédures, et des tribunaux du commerce, devraient réduire les contentieux et l’allocation optimale du crédit, partant le financement de l’économie.

Justement, comment la profession accueille-t-elle la création de tribunaux du commerce ?

Cette initiative est excellente ! Les tribunaux de commerce vont participer à l’écoulement des différends économiques par la spécialisation des juges. Elle est d’autant plus encourageante que la profession participe, via l’association professionnelle, aux travaux de mise en place de ces tribunaux. Il faudra que ce dispositif soit complété par une formation des acteurs économiques sur les aspects et risques juridiques de leurs activités à défaut de se faire entourer par des juristes. Car dans nos économies, les formations sont toujours orientées vers le management et la gestion des ressources humaines.

Deux réformes importantes, les normes prudentielles de Bâle 2 et 3 et le nouveau Plan comptable bancaire, sont entrées en vigueur dans l’UMOA, le 1er janvier 2018. Comment les banques sénégalaises font-elles face à ces chantiers ?

Les banques se préparent à l’entrée en vigueur de ces normes depuis des années. Courant 2017, le sujet est revenu au-devant de la scène, en raison de l’imminence de la « date fatidique ». Nous y sommes donc depuis le 1er janvier 2018 et le séisme est bien géré ! Dans le secret de nos institutions, dans les réunions avec le superviseur, nos éditeurs et surtout avec nos équipes projets, ces réformes ont été préparées avec sérieux et dans la collégialité. Elles vont changer la manière de faire la banque, au bénéfice exclusif de l’économie et de la clientèle. Elles sont en effet destinées avant tout à protéger le client en rendant les banques plus résilientes. Je pense que globalement les banques ont bien vécu ce passage et ont bien fait face. Il faut attendre les premiers reporting aux nouvelles normes pour voir l’efficacité de la préparation, car nous ne serons plus dans le test mais dans la production. À cela, il faut ajouter que nous sommes dans une place aux métiers et organisations différents qui vont évoluer désormais dans des normes uniques et uniformisées.

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TAGS: Afrique de l'Ouest, Association des banques et établissements financiers du Sénégal, Dakar, Décideurs, Le Magazine de L'afrique, Mamadou Bocar Sy, Sénagal, Seydou Ka
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