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[Le Magazine de L'afrique] Gabon, en quête d’un nouveau souffle

Microfinance: les ambitions de la faitière des caisses populaires
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Pour sortir de l’ambiance d’attentisme de ces dernières années, le Gabon se lance dans une nouvelle dynamique : revitaliser la vie politique par de nouvelles élections et engager des mesures pour réactiver l’économie, au travers ses secteurs clés. Ce dossier permet de faire le point et de mesurer l’ampleur des efforts en cours.

Dossier réalisé par Marie-France Réveillard. En partenariat avec Économie+ Gabon. Photos : Cédric Aboghé, sauf mention contraire.  

Le Gabon renforce et ajuste son Plan stratégique afin de diversifier son économie. Optimisation fiscale, épurement de la dette et inclusivité représentent le triptyque de la politique de relance gabonaise.

Gouvernance : Une vaste série de réformes

Contrarié par l’affaiblissement de ses capacités budgétaires, le Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) a subi de plein fouet les effets de la crise économique, à travers l’accumulation des impayés sur la dette publique, les retards sur l’exécution des travaux publics sans compter les nombreuses suppressions d’emplois. Passant d’une moyenne de 6,3 % sur la période 2010-2013 à 3,9 % en 2015, la croissance n’a pas dépassé 2,3 % en 2016. Cependant, 2018 s’oriente vers une timide reprise de l’économie, conséquence de diverses « mesures phares » engagées par l’État en 2017, pour maintenir une croissance positive malgré la conjoncture internationale.

La priorité est donnée à la diversification de la base productive pour sortir l’économie gabonaise du « tout pétrole ». Dans cette optique, l’État a lancé le Plan de relance économique 2017-2019 (PRE), reflet d’une nouvelle dynamique dans la mise en oeuvre du PSGE, à travers des mesures qui reposent principalement sur le renforcement de l’efficacité de la dépense publique, l’optimisation et l’utilisation plus rationnelle des ressources budgétaires, le développement des infrastructures et la promotion du secteur privé comme leviers de diversification et de transformation économique.

À travers le PRE, le gouvernement cherche à renforcer l’implication du secteur privé pour accompagner une croissance « durable et inclusive » et pour transformer en profondeur l’économie gabonaise.

Ce nouveau programme permet un ciblage précis des secteurs bénéficiaires ainsi qu’un réinvestissement des économies d’impôts réalisés dans l’économie nationale. Enfin, la modernisation du dispositif fiscal bénéficie désormais d’un Office gabonais des recettes qui devrait optimiser la gestion des dépenses fiscales.

La multiplication des partenariats public-privé

Afin de s’assurer de conditions favorables aux investissements privés, l’accompagnement des milieux d’affaires a été renforcé. Restaurer un climat de confiance auprès des opérateurs économiques et des investisseurs internationaux, s’est imposé comme une priorité nationale pour le Gabon qui cherche à renforcer la viabilité de ses finances publiques et le traitement de la dette. Le fonctionnement de l’administration est désormais centré sur la performance et l’employabilité grâce à de nouveaux mécanismes régulant les partenariats avec les investisseurs.

Le Gabon mise en particulier sur le développement des PPP (partenariats public-privé) pour accélérer la modernisation de ses infrastructures, comme en témoigne la construction du Terminal d’Owendo en octobre 2017 non loin de Nkok où Olam et la GSEZ ont implanté le Guichet unique de la zone économique à régime simplifié ou, plus récemment l’officialisation du projet de construction du nouvel aéroport international. « Nous avons travaillé sur la base de la confiance pour la structuration d’un PPP où l’État et le partenaire partagent les risques », commente Madeleine Berre, ministre de la Promotion des investissements privés, du commerce et de l’industrie.

Cependant, l’État tient à éviter que les interventions des investisseurs ne deviennent tributaires des régimes fiscaux préférentiels ou dérogatoires qui ont contribué à la fragilisation du cadre budgétaire, privant le budget de ressources substantielles pour financer le développement.

C’est notamment le constat de l’économiste Mays Mouissi : le groupe Olam, qui emploie un salarié du secteur privé sur cinq à l’échelle nationale, est exonéré d’impôt pendant 25 ans dans le secteur agricole, bénéficiant d’un « régime de privilège ». « Vingt-cinq ans, c’est trop », a expliqué l’économiste, auteur d’une étude sur l’impact du groupe dans l’économie, qu’il présentait le 28 mai dernier. « La diversification passe par l’impôt. Il est important que la contribution de groupes comme GSEZ ou Olam reflètent leur poids réel dans l’économie nationale. »

Le Gabon relève le défi de la bonne gouvernance

Pour lutter contre la fraude et la corruption, l’État gabonais a lancé plusieurs initiatives comme « Aigles douanes », créée en novembre 2017. L’opération de lutte contre la fraude transfrontalière devrait permettre d’augmenter les recettes douanières. Une semaine après le début de l’opération, plus de 1,3 milliard de F.CFA (2 millions d’euros) de marchandises avaient déjà été saisies par les autorités.

De plus, le Gabon a également engagé l’opération « Justice fiscale » pour auditionner, examiner et évaluer les contreparties des exonérations fiscales accordées ces dernières années. Cette démarche devrait permettre de favoriser une concurrence plus « saine » avec le retour à une équité fiscale, d’améliorer le climat des affaires grâce à un régime fiscal simplifié et de sensibiliser les acteurs économiques sur le respect des conditions du bénéfice et d’utilisation des avantages accordés. Le programme « Justice fiscale » s’accompagne d’un meilleur encadrement des avantages fiscaux, d’une refonte des incitations fiscales par une approche plus objective, sociale et économique par secteurs d’activités prioritaires mais aussi d’un accroissement des recettes budgétaires.

Au niveau de la direction générale des impôts, l’opération permettra notamment le retrait pur et simple des avantages accordés aux opérateurs économiques qui ne respecteraient pas le cahier des charges des conventions. Elle traduit la volonté du gouvernement d’un retour au droit commun dans le traitement des dossiers.

Les engagements du chef de l’État

Le président Ali Bongo Ondimba s’est engagé à conduire un changement radical de gouvernance. « Nous ne pouvons plus, en effet, nous offrir le luxe d’attendre. Les méthodes doivent évoluer. L’heure est au pragmatisme », avait-il promis à l’occasion de ses voeux pour l’année 2018, en s’appuyant sur une série de mesures-clés.

Il a annoncé l’exonération temporaire de cotisations sociales pour toute création nette d’emploi à compter du 1er janvier 2018 qui devrait permettre la création de 10 000 nouveaux emplois par an. L’« inclusivité » est devenue le maître-mot de la stratégie de relance, avec un intérêt particulier porté sur la création d’emplois pour la jeunesse. L’employeur bénéficiera de 50% d’exonération de charges sociales à la première embauche, 75 % à la seconde et 100 % à partir de la troisième. « L’emploi, est mon absolue priorité » avait-il insisté.

En matière d’éducation et de formation, le chef de l’État a annoncé un vaste plan de rénovation des écoles primaires. Au total 94 écoles à Libreville et 697 écoles en province seront dotées de 30 ordinateurs chacune, ainsi que d’une connexion à l’internet, dès 2018. Une initiative qui s’inscrit dans le programme Gabon numérique du PSGE et qui devrait permettre la mise à disposition de nouveaux outils pédagogiques pour améliorer l’apprentissage des élèves.

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TAGS: African Business, Afrique centrale, ECONOMIE, En Couverture, Finances, Gabon, Le Magazine de L'afrique, Libereveille, Lundi 16 juillet 2018, Marie-France Réveillard, POLITIQUE
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