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[Le Magazine de L'afrique] Bâtir une Afrique en bonne santé et prospère

Microfinance: les ambitions de la faitière des caisses populaires

Le déficit de financement des soins de santé en Afrique est énorme. En février, Africa Business : Health Forum a réuni des acteurs des secteurs public et privé pour répondre aux enjeux, et lancé un nouvel outil pour récolter des fonds.

Addis-Abeba, Tom Collins

Alors que des maladies chroniques comme le diabète et l’asthme, ou les maladies infectieuses, telles que le paludisme et la tuberculose, continuent de peser sur les systèmes de santé en Afrique, il paraît évident que le secteur privé doit s’impliquer davantage.

Le déficit de financement des soins de santé en Afrique est de 66 milliards de dollars et continue de se creuser. Pourtant, les investissements dans la santé peuvent générer des rendements attractifs pour les entreprises privées, que seule l’absence de réglementations claires fait hésiter.

En réaction, des représentants des secteurs public et privé se sont réunis à l’occasion du Africa Business : Health Forum, tenu en marge du sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba, en Éthiopie, en février, afin de développer la participation du secteur privé dans le domaine de la santé et lancer une nouvelle initiative. À l’ouverture du Forum, Abiy Ahmed, Premier ministre d’Éthiopie, a clarifié ses priorités : « Il est essentiel de trouver des sources de financement innovantes. »

Même si son pays a progressé en matière de soins de santé – l’espérance de vie y a augmenté ces dernières décennies, –, Abiy Ahmed concède que l’offre de soins universels de santé, bien que nécessaire, demeure «ambitieuse » pour de nombreux pays africains.

« Le secteur privé a été insuffisamment exploité dans le combat pour améliorer la santé en Afrique, et c’est pour cette raison qu’ABCHealth a l’intention de réunir les différentes parties, et de servir de point de convergence pour les individus ou les entreprises qui sont déterminés à faire progresser les soins de santé… »

Limités par l’insuffisance de fonds, beaucoup de pays africains ne sont pas parvenus à respecter les conditions de la Déclaration d’Abuja de 2001, dans laquelle les pays de l’Union africaine s’étaient engagés à consacrer 15 % de leur budget à la santé. Le continent dépense en moyenne 29 $ par habitant chaque année aux soins de santé.

Les partenariats public-privé constituent une bonne solution pour investir dans des projets de santé estime Abiy Ahmed ; ils permettraient à toutes les parties d’être gagnantes, compte tenu des gains financiers à la clé.

D’immenses opportunités

Le président du Botswana, Mokgweetsi Masisi, rejoint la stratégie d’Abiy Ahmed de travailler plus étroitement avec les entreprises privées ; lui-même a rencontré des représentants du secteur privé pour discuter de sujets d’intérêt national, y compris la santé, quatre fois par an.

Pour sa part, il estime qu’il existe d’« immenses opportunités » pour le secteur privé dans les diagnostics, les soins aux patients hospitalisés, les soins ambulatoires, la vaccination, les services mortuaires, les produits pharmaceutiques et la fabrication.

Ces investissements permettront non seulement d’améliorer la santé des populations, mais aussi de stimuler l’économie, considère Mokgweetsi Masisi. Le lien entre les investissements dans la santé et une économie prospère a été clairement établi.

« Nous savons qu’une Afrique en bonne santé est une Afrique productive ; parlons donc des financements de la Santé et des moyens de réunir le secteur public et privé », a plaidé Vera Songwe, secrétaire exécutive de la CEA (Commission économique des Nations unies pour l’Afrique).

Citant des conclusions du rapport sur la croissance économique en Afrique, publié lors du Forum, Vera Songwe a poursuivi : « Seuls deux pays, l’Algérie et la Namibie, consacrent plus de 5 % de leur PIB à la Santé, et la part des dépenses prises en charge par les patients demeure extrêmement élevée. Le rapport nous montre l’impact économique important que peuvent générer les investissements dans la santé. ».

Investir dans le capital humain est aussi important pour le développement que les investissements structurés dans d’autres secteurs de l’économie, tels que les infrastructures et l’agriculture.

Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a profité du Forum pour apporter son soutien à l’initiative de mobilisation des investissements du secteur privé dans le domaine de la Santé.

Collaborant étroitement avec la Fondation Bill & Melinda Gates, la Fondation Aliko Dangote investit beaucoup dans la vaccination et l’éradication de la malnutrition, au nord du Nigeria.

Une nouvelle coalition pour accroître les investissements

Sa fille, Halima Dangote, a salué le nouveau partenariat lancé à l’occasion du forum pour mobiliser des fonds dans les soins de santé

à travers le continent. L’African Business Coalition on Health (ABCHealth) – partenariat entre la Fondation Aliko Dangote et la Global Business Coalition on Health (GBCHealth) – réunit des entreprises et des philanthropes en vue de transformer les soins de santé pour les populations africaines qui sont en plein essor. « Mon objectif est d’exploiter le potentiel des partenariats public-privé et d’accélérer le développement de l’Afrique », a-t-elle précisé.

Dans son discours, Aliko Dangote a affirmé que l’initiative contribuerait à développer les synergies : « Les gouvernements des pays développés et en développement s’intéressent de plus en plus aux partenariats public-privé pour étendre l’accès à des services de santé de qualité en faisant appel aux capitaux, aux capacités de gestion et au savoir-faire du secteur privé. Avec le lancement d’ABCHealth, les dirigeants d’affaires peuvent à présent contribuer directement à bâtir une Afrique en bonne santé et prospère, par le biais de partenariats. Cela apportera non seulement un progrès social, mais aussi des gains financiers. Nous mènerons une action durable en Afrique. ».

Aigboje Aig-Imoukhuede, cofondateur d’ABCHealth et coprésident de GBCHealth, a fait écho aux propos de Aliko Dangote. « Seuls les partenariats permettront de relever les défis auxquels le continent est confronté en matière de santé, a-t-il déclaré. Le secteur privé a été insuffisamment exploité dans le combat pour améliorer la santé en Afrique, et c’est pour cette raison qu’ABCHealth a l’intention de réunir les différentes parties, et de servir de point de convergence pour les individus ou les entreprises qui sont déterminés à faire progresser les soins de santé, limitant ainsi les erreurs d’approche. »

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