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[Le Magazine de L'afrique] Alice Ouédraogo, Banque mondiale : Favoriser les entrepreneurs

Microfinance: les ambitions de la faitière des caisses populaires
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En dépit d’un recul du Gabon dans le rapport du Doing Business 2018, Alice Ouédraogo (Banque mondiale) affiche un certain optimisme, saluant les réformes entreprises. La BM soutient une dizaine de projets, totalisant 681,5 millions de dollars.

Par Marie-France Réveillard

Comment la Banque mondiale soutient-elle les réformes structurelles du Gabon ?

Nous disposons d’un programme, le Projet de promotion de l’investissement et de la compétitivité (PPIC) qui soutient le secteur privé à travers l’amélioration du climat des affaires. Nous avons soutenu la création de l’ANPI (Agence nationale de promotion des investissements), le Guichet unique, le concours national de plan d’affaires et nous accompagnons la Chambre de commerce pour la mise en place d’une Chambre d’arbitrage. Le Gabon étant un pays à revenu intermédiaire, il s’agit d’un soutien financier sous forme de prêt accordé à l’État, d’un montant de 18 millions $.

Quels sont les principaux obstacles que doit surmonter le Gabon pour relancer sa dynamique de croissance et quelle contribution peut-il attendre de la Banque mondiale ?

La chute des prix des matières première et le manque de diversification ont lourdement impacté le Gabon qui a réagi en élaborant une politique nouvelle reposant sur le réajustement du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE) à travers le Plan de relance de l’économie (PRE). Nous disposons de trois piliers au Gabon.

Premièrement, tout ce qui relève de la macroéconomie. Nous nous assurons que les dépenses de l’État sont contenues, que les revenus, particulièrement hors pétrole, soient étendus (recettes fiscales) et que les investissements soient engagés à bon escient. Pour ce faire, nous travaillons de concert avec le FMI. Ensuite, nous évaluons les efforts en matière de diversification. Enfin, nous nous sommes intéressés aux filets sociaux, c’est-à-dire aux Gabonais les plus nécessiteux. Le gouvernement vient par exemple, d’instaurer la gratuité des frais d’accouchement.

Nous disposons par ailleurs, du projet Prodece, doté d’un budget de 100 millions $ pour améliorer les compétences professionnelles dans les secteurs porteurs. Nous construisons actuellement un centre de formation dans le BTP et un second dans les TIC.

Précisément, quels sont vos programmes pour soutenir le développement de l’économie numérique gabonaise qui se positionne déjà comme leader au niveau régional ?

Le CAP4 d’un montant de 81 millions $ a permis le déploiement de la fibre optique de Libreville jusqu’à la frontière du Congo auquel nous avons ajouté un financement additionnel de 20 millions $ pour amener la fibre jusqu’au Cameroun et à la Guinée équatoriale. Nous soutenons par ailleurs, le programme e-Gabon. Nous allons mettre en place un système central d’e-Santé pour répertorier l’état de santé de Gabonais, où qu’ils soient. Enfin, nous accompagnons création d’incubateurs.

La Banque mondiale soutient-elle des projets en matière d’agriculture gabonaise ?

Nous y réfléchissons et nos collègues de la BAD sont très engagés en la matière. Toutefois, nous intervenons au niveau des forêts dans le cadre du « Gabon vert » à travers un projet d’appui à la gestion durable des zones humides, doté d’un budget de 7,5 millions $. De plus, le programme « GeFaCHE » permet de réduire les conflits entre les hommes et les espèces sauvages et de promouvoir la coexistence entre les Gabonais et les éléphants en particulier, pour un budget de 5,7 milliards de F.CFA (8,7 millions d’euros).

Dans les échanges commerciaux, notamment avec les pays voisins, le Doing business 2018 note que le Gabon ne parvient pas encore à réaliser les performances requises pour attirer une masse critique d’investisseurs. Quels sont les principaux freins à l’investissement ?

Je voudrais attirer l’attention sur les investissements intérieurs, car les entreprises étrangères sont structurées et ont désormais accès au Guichet unique. Il faut dynamiser les investisseurs locaux. Dans le secteur minier par exemple, il faut construire toute une chaîne de sous-traitance et donc créer les PME nécessaires. Nous devons accompagner une nouvelle classe de bâtisseurs gabonais en nous appuyant sur les petites entreprises. Le gouvernement a récemment lancé des signaux très forts en ce sens, à travers la réforme du Code de l’investissement et en mesurant la compétitivité régionale. Ces avancées sont très encourageantes, car nous manquons de statistiques et d’informations. Nous venons d’ailleurs de lancer un projet dédié aux statistiques avec un budget de 50 millions $ qui permettra la production des données fiables.

Le portefeuille actif de la Banque mondiale au Gabon comporte dix projets. Comment sont répartis les investissements ?

Notre portefeuille est diversifié entre l’appui budgétaire (200 millions $ en décembre 2017), les statistiques, le « Gabon vert », la formation professionnelle, le secteur privé, les TIC et deux projets sur les infrastructures avec d’une part, le Projet de développement des infrastructures locales (PDIL) pour un budget de 100M$ et d’autre part, le projet d’accès aux services de base dans certaines régions.

Le taux de décaissement global, au 30 octobre 2017 se situait à 13,9 % – en dessous de la moyenne de 20 % pour l’Afrique. Comment augmenter ce taux et assurer un rythme régulier des décaissements pour la mise en oeuvre des projets financés par la BM ?

Il faut disposer de bases solides pour s’assurer du décaissement intégral des fonds, ce qui fut le cas en matière digitale avec le CAP4 dont les fonds ont été décaissés à 100 %. Sur la durée, je ne m’inquiète pas sur ce point, car le gouvernement gabonais est très engagé. Il n’y a aucun feu rouge sur nos projets !

Que recouvre la stratégie-pays élaborée par la Banque mondiale ?

Nous allons revoir notre stratégie pays pour les cinq prochaines années en commençant par un diagnostic-pays qui sera présenté en conseil d’administration à l’automne prochain. C’est un document de référence qui identifie les principaux défis et les opportunités pour réaliser le double objectif de réduction de l’extrême pauvreté et la promotion d’une prospérité mieux partagée. Après validation du diagnostic, nous entrerons dans « la stratégie-pays » qui s’échelonnera sur cinq ans. La population sera également consultée pour établir ce diagnostic. C’est un processus très transparent qui a commencé il y a quelques semaines et qui devrait s’achever en octobre prochain. 

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TAGS: Afrique centrale, Afrique de l'Ouest, Alice Ouédraogo, Banque mondiale, BURKINA-FASO, Décideurs, Gabon, Interview, Le Magazine de L'afrique, Libreville, Mardi 24 juillet 2018, Ouagadougou
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