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[Le Magazine de L'afrique] Afrique-France : Les diasporas africaines en débats

Microfinance: les ambitions de la faitière des caisses populaires
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Le Conseil présidentiel pour l’Afrique a fait le choix de débattre des diasporas africaines au prisme de leurs contributions financières et de leurs volontés d’entreprendre. Un cadrage prudent et bien reçu par son public.

Par Nicolas Bouchet

Après les grandes conférences, place aux ateliers. Le CPA (Conseil prési­dentiel pour l’Afrique) poursuit ses rendez-vous parisiens aux fins de rendre compte de son engagement sur le continent et de récolter de nouveaux témoi­gnages.

Pour traiter du sujet du rôle écono­mique et financier et des diasporas africaines pour la croissance du continent, l’instance créée par Emmanuel Macron en 2017 et coordonnée par Jules-Armand Aniambos­sou, était invitée le 22 février par la dépu­tée Sira Sylla (LRM, majorité) à réunir des entrepreneurs et des financiers à l’Assemblée nationale devant un public attentif et pressé de prendre la parole.

Pour un membre de la diaspora, le risque est fort de se faire bizuter au contact d’un écosystème africain que les entrepreneurs ne connaissent pas, bien qu’ils aient les réseaux utiles pour y entrer.

Comme pour garantir un terrain d’entente, une difficulté sémantique se pose d’emblée : qu’entend-on par dias­pora ? Les Français nés de l’immigration en font-ils partie ? « Il s’agit bien d’une expa­triation pour certains et d’un retour pour d’autres », précise Malick Diawara (Le Point Afrique) pour éviter toute confusion dans la distribution des rôles.

Ne seront ainsi des « repats » que ceux qui ont quitté le conti­nent pour mieux y revenir, les autres seront des « expats » et ont tout à apprendre. Cet écueil dépassé, peu de controverses concer­nant l’importance financière du rôle des diasporas, « premier bailleur de fonds » de l’Afrique, selon Elie Nkamgueu, fondateur du Club Efficience.

Les opportunités qui s’offrent à ces réseaux et leur efficacité comme investisseurs occupent le coeur des débats de la journée. Les invités du CPA sont là pour en témoigner qui ont créé des sociétés d’intermédiation finan cière et de conseil juridique à l’adresse des entrepreneurs de la diaspora :

Achille Agbe, président la plateforme Vox Startups cite les « incitations fiscales rares » et le manque d’ac­compagnement juridique disponible pour aller de l’Europe vers l’Afrique, tandis qu’Al­pha Nury (Equiteasy) vante les mérites des réseaux d’entrepreneurs au conseil parfois donné pro bono ainsi que du cofinancement, comme une communauté qui viendrait pallier les manques des institutionnels pour l’amorçage de projets et le peu d’épargne mobilisable sur place faute de cadre régle­mentaire adapté.

La question se pose de manière plus aiguë encore pour les femmes, selon Suzanne Bellnoun de l’OFAD (Organisation des femmes africaines de la diaspora) : peu dotées en fonds propres, elles n’ont souvent pas de droit d’héritage sur un foncier pourtant indispensable à garantir un emprunt.

Problème de tuyaux ou de liquidité ?

Depuis le public, le FORIM (Forum des organisations de solidarité internationale issues des migrations) plaide la baisse urgente du coût des micro et méso-financements à l’adresse du « développement des tout-petits ».

Les acteurs aptes à répondre à ces préoccupations veulent démontrer leur conscience des problèmes. Le représentant de l’AFD (Agence française de développement) Olivier Kaba, renvoie ses interlocuteurs aux maillons du financement que sont les fonds d’investissement et les incubateurs.

Rappelant la place faite aux diasporas dans le discours de Ouagadougou et dans le rapport du député Hervé Berville (qui recom­mande la création d’une cellule diaspora au sein de l’AFD), Olivier Kaba précise qu’il n’est pas question de créer des tuyaux supplé­mentaires, mais bien de « laisser la place aux initiatives prises par les diasporas elles-mêmes » pour lever des fonds.

Une vision contraire à celle du CIAN (Conseil français des inves­tisseurs en Afrique) représenté par Etienne Giros, pour qui le problème du financement est bien « celui des tuyaux, pas de la liquidité » et qui appelle à la création de fonds « à l’objet clairement défini ».

Le public de l’atelier a aussi des idées et s’approprie vite le débat : à une personne qui appelle à répliquer le soutien de l’État aux entreprises qui s’implantent dans la zone Asean pour « orienter les investissements vers l’Afrique », une autre répond le faible recours de la diaspora aux avantages fiscaux qui lui seraient offerts et recommande de meilleurs contacts avec les chambres de commerce et les unions patronales.

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TAGS: AFRIQUE, Conseil présidentiel pour l'Afrique, Diasporas, FOCUS, France, Le Magazine de L'afrique, Par Nicolas Bouchet, Paris
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