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[La Nation] Secteur de l’éducation: Des propositions pour plus de pénétration du numérique

Secteur de l’éducation: Des propositions pour plus de pénétration du numérique

La Semaine du numérique s’est aussi intéressée à la question de l’éducation. Un panel d’experts s’est penché sur la question. Ils ont exposé la situation actuelle du numérique à l’école, présenté des solutions et propositions pour accroître la « numérisation des écoles ».

«Perspectives de l’inclusion du numérique dans l’éducation ». C’est autour de ce thème que plusieurs experts de l’éducation et du numérique ont confronté leurs réflexions dans le cadre de la Semaine du numérique. Le Bénin, sur ce chantier, fait des pas, mais de gros efforts restent à faire. Dans le secteur de l’enseignement secondaire par exemple, le numérique est expérimenté depuis 2004. Le directeur de l’Informatique et du Pré archivage du ministère en charge de l’Enseignement secondaire, Bienvenu Blassou, un des panélistes, explique en effet que de façon formelle, on a commencé à en parler en 2004 au lycée technique commercial de Porto-Novo, avec la mise en place d’une salle multimédia pour les professeurs et deux autres pour les apprenants. En 2008, l’aventure s’est poursuivie avec la formation au contenu numérique de 500 enseignants dans l’enseignement technique.
Au niveau de l’enseignement secondaire général, mille ordinateurs ont été acquis et distribués dans les établissements, puis 900 autres pour aider les enseignants et apprenants à accéder à l’outil informatique. Mais, il y a un handicap, souligne-t-il. L’informatique, n’étant une matière formelle, dans la plupart des établissements, les outils offerts n’ont pas été exploités. Il y a eu également des avancées ces dernières années, souligne Bienvenu Blassou.
L’avènement de l’Agence béninoise du service universel des communications et de la Poste (Absu-Cep) a renforcé le taux de pénétration du numérique dans les écoles avec la mise en place des classes et bibliothèques numériques. Le premier responsable de l’agence, Emile
Kougbadi, lui aussi panéliste a, à son tour, mis en exergue les actions déployées par sa structure. « Le numérique n’est plus un luxe. Tous les apprenants ont besoin d’apprendre par le numérique et l’Absu-Cep a été mandatée pour et dans bien de domaines », introduit-il. Malgré les contraintes, dont la plus importante est celle du financement, des efforts ont été faits. Dans l’enseignement primaire, le Bénin dispose de plus de 7500 unités pédagogiques et 1700 dans le secondaire. L’ambition de l’Absu-Cep, c’est de faire en sorte que chaque unité dispose du numérique. Mais sur le terrain, il n’y a pas d’infrastructures dédiées pour des classes numériques. Néanmoins, certaines opérations comme « un apprenant, un ordinateur » qui permet de subventionner à 85%, un kit composé d’un ordinateur portable et d’une connexion internet, ont permis aussi d’équiper mille apprenants. Là encore, Emile Kougbadi soutient que le fossé est grand parce que le Bénin compte aujourd’hui quelques 890.000 élèves et plus de 88.000 étudiants.
Au regard des attentes, 24 salles numériques seront, chaque année, introduites dans le système éducatif avec quarante ordinateurs chacune plus un serveur et des ressources numériques pour consulter des bibliothèques même sans internet. Malgré ces efforts, Emile Kougbadi insiste sur le fait que « la question du financement de l’inclusion numérique dans l’éducation est cruciale ». Serge Adjovi, directeur général de l’Agence de développement du numérique est du même avis. Pour lui, « l’éducation est la chose la plus difficile à réformer », toutefois, on peut « apprendre différemment » avec le numérique. Au niveau de son agence, détaille-t-il, des projets de connectivité des écoles et centres de formation sont en cours et dans une autre étape dédiés aux écoles maternelles et primaires.

Trop à faire !

« Dans le secteur de l’éducation, ce qui est fait n’est pas suffisant et coordonné. Il faut passer à la vitesse supérieure pour une injection massive du numérique dans l’éducation. Le nouveau Conseil de l’éducation doit se pencher sur la question. Entre l’éducation et le monde du numérique, il faut qu’il y ait une meilleure stratégie avec des moyens. C’est un projet massif qui transformera l’éducation sur de nombreuses années et qui a besoin d’un cadre législatif et réglementaire ». Ce sont là, quelques-unes des suggestions du directeur général de l’Agence de développement du numérique, en ce qui concerne la question du numérique dans les écoles. Pour lui, le Bénin est à une étape où il faut non seulement apprendre le numérique, mais apprendre à travailler avec le numérique et une modification complète de la conception de l’école. « Il faut repenser le système. Mettre le numérique sur le système actuel ne marchera pas. C’est le moment de rêver grand pour le numérique et l’éducation », suggère-t-il.

Quid de l’enseignement supérieur ?

Abomey-Calavi est la plus grande université du Bénin en matière de taille. Elle a connu des débuts du numérique assez plaisants. Des enseignants ont reçu des formations et faisaient enregistrer des chapitres sur les Cd qui sont convoyés vers d’autres universités à l’intérieur du pays. Il y a eu aussi les cours ouverts aux étudiants, sans oublier que plus de 300 enseignants ont été formés pour la production de cours publiés sur des plateformes accessibles aux étudiants. Des points d’accès ont été aussi implantés sur le campus pour faciliter aux étudiants l’accès aux ressources, sans oublier la formation gratuite donnée aux étudiants et assurée par le rectorat.
Ces détails sur la situation du numérique sur le campus d’Abomey-Calavi ont été exposés par Eugène Ezin, directeur de l’Institut de formation et de recherche en informatique de l’Uac. A ces débuts plaisants, il ajoute la détermination des acteurs de l’université à accéder au numérique. Il propose, pour cette raison, que soit résolu d’une part le problème de l’énergie qui se pose à toutes les structures. D’autre part, il suggère de « bâtir des contenus adaptés à nos réalités, de former des enseignants et de promouvoir une pédagogie centrée sur les étudiants ».

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