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[La Nation] Franck Kpochémè, président de l’Upmb: « Des problèmes de liberté se posent à nous »

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Franck Kpochémè, président de l’Upmb: « Des problèmes de liberté se posent à nous »

Ce 3 mai 2018, les acteurs des médias célèbrent la Journée mondiale de la liberté de la presse. À cette occasion, Franck Kpochémè, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), revient sur l’état des lieux de la liberté de la presse au Bénin et en profite pour fustiger les commentaires de l’Ong Reporters sans frontières (Rsf) qui classe le Bénin à la 84e place au plan mondial en matière de liberté de la presse dans rapport 2018.

La Nation : Ce 3 mai 2018, c’est la Journée mondiale de la liberté de la presse. Quel sens donnez-vous à cette célébration, en tant que président de l’Union des professionnels des médias du Bénin ?

Au niveau de l’Union, nous avons placé cette célébration sous un double sens. Le premier, c’est sous l’appropriation du Code du numérique. Vous auriez dû remarquer que dans les sous-thèmes retenus par l’Unesco, il y a la presse en ligne. Cette édition de la Journée mondiale de la liberté de la presse intervient juste au lendemain de la promulgation de la loi portant Code du numérique au Bénin. Nous nous félicitons, quoique ce soit une loi quelque peu répressive et, qui fait un recul par rapport au Code de l’information et de la communication, que c’est un outil qui fait avancer notre pays. Nous allons étudier comment commencer par la disséminer en même temps que le Code de l’information et de la communication au sein des professionnels des médias pour qu’ils sachent désormais à quoi s’en tenir dans les publications, notamment en ligne.
Le second sens que nous donnons à cette célébration, c’est la spécialisation. Nous allons profiter pour attirer l’attention des professionnels des médias sur l’appel à candidatures que nous avons lancé et qui vise à amener les professionnels des médias à se ranger dans des thématiques et à finir avec le journalisme touche-à-tout, à célébrer le journalisme de spécialité.
Quel est aujourd’hui l’état des lieux de la liberté de la presse au Bénin ?

Nous avons une liberté certaine, mais il reste à redire lorsqu’une radio n’arrive pas à émettre dans le rayon à lui attribué par la Haac. La liberté est étouffée. Lorsque nous voyons les difficultés dans lesquelles les organes de presse évoluent ces derniers mois, on sent comme un étouffement. De plus en plus, les organes de presse manquent de moyens, il n’y a plus de publicité, etc. On manque de moyens pour accompagner les organes de presse, c’est des problèmes. Lorsque nous voyons des titres siamois à la Une des journaux, c’est des problèmes de liberté qui se posent à nous. On se demande si réellement il y a la liberté dans notre pays, si les journalistes sont libres ou bien s’ils sont conditionnés par autre chose.

La semaine dernière Reporters sans frontières a publié son dernier rapport sur l’état de la liberté de la presse dans le monde. Le Bénin est déclassé de six points et vous ne partagez pas les commentaires de cette Ong. Expliquez-vous.

Les commentaires que Rsf s’est permis de faire sur le Bénin ne cadrent pas avec la réalité béninoise. Lorsque Rsf dit qu’au Bénin, il n’y a pas une loi sur la dépénalisation, je crois qu’elle a oublié déjà qu’en 2016, c’est elle-même qui a reclassé précisément le Bénin par rapport à 2015 en saluant l’avènement d’une loi sur la dépénalisation. On ne comprend pas alors comment deux ans après, Rsf puisse dire que les Béninois attendent une loi sur la dépénalisation. C’est nous retourner en arrière. C’est faire croire dans l’opinion que nous ne sommes pas suffisamment démocrates pour suivre la tendance mondiale. Même si certains pays africains l’ont fait avant nous, nous avons fini par avoir une loi sur la dépénalisation. Et, nous sommes par exemple en avance sur certains pays comme le Sénégal qui continuent d’attendre la loi dépénalisée.
Rsf fait également un commentaire sur le Bénin pour dire que l’opposition, depuis mars 2017, est interdite d’accès à la télévision nationale. Ce qui est archifaux, parce que moi, j’ai vu des reportages de principaux partis du groupe de l’opposition, à savoir les Fcbe. J’ai vu les reportages concernant le parti Restaurer l’espoir, de Fsp. J’ai vu Loth Houénou quand il était proche de l’opposition passer sur les écrans de la télévision nationale pour critiquer les réformes constitutionnelles. Donc, tous ces commentaires-là sur le Bénin sont faux.
Dans tous les cas, les événements qui se sont produits au Bénin entre janvier et décembre 2017 ne sont pas en faveur d’un déclassement du Bénin. Parce que nous avons connu des situations plus humiliantes où on a noté sept organes de presse fermés en 2016. En 2017, on n’a pas d’organes de presse fermés. La situation réelle aujourd’hui que je m’attendais à ce que Rsf dénonce, est celle de brouillage des fréquences de radio Soleil Fm. Cela est intervenu en novembre 2017 ! Et, le directeur Afrique de Rsf a bien précisé que leur rapport prend en compte janvier à décembre 2017. Soleil Fm a été brouillée en 2017, tout comme Capp Fm. Mais, le rapport n’en parle pas !
Donc, nous nous attendons à voir les réalités qui se posent à nous, les contingences qui empêchent notre épanouissement en tant que professionnels des médias, que Rsf puisse relever tout cela pour attirer l’attention des gouvernants pour qu’elle nous aide à remonter la pente plutôt qu’à aller nous rappeler des choses qui ne correspondent pas à notre vécu.

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TAGS: SOCIETE
[Actu Bénin] célébration du 3 mai au Bénin: L’autonomisation des médias pour une vraie liberté
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