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[Actu Bénin] Regard critique de l’ancien président de la République sur le coton:Gilles Gohy rectifie les propos de Nicéphore Soglo

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 L’ancien président de la République est passé à côté de la plaque en déclarant, au cours de sa récente sortie, que les raisons du désaccord entre Yayi Boni et Patrice Talon sont liées au coton et plus précisément à la privatisation de la Sonapra. C’est ce que pense le politologue Gilles Gohy dans la réflexion ci-dessous publiée intitulée : « Décryptage du coton par l’ancien président de la République : Pépé Nicéphore a encore lamentablement tiré dans le vide ».
« Un parti défunt de la République du Bénin dut son rayonnement au charisme avéré de l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo. Mieux canalisé et utilisé à bon escient, cet ascendant spirituel de l’homme en situation aurait pu permettre le recul de l’ignorance chez de nombreux Béninoises et Béninois. Il est simplement nuisant et nuisible quand il devrait charrier les miasmes morbides de la destruction systématique de l’homme au front, sous fond de haine outrancière aisément compréhensible.
Comme si je l’ai fagoté, je savais que notre ancien président de la République, Nicéphore Soglo ne s’avouera jamais vaincu et qu’il reviendra à la charge contre l’actuel président de la République, Patrice Talon. Depuis longtemps, j’étais donc aux aguets pour découvrir sa nouvelle trouvaille. Je présumais ce qu’il allait sortir de nouveau, depuis qu’il annonça de façon tonitruante comme à son habitude d’ailleurs, qu’il fera connaître les vraies raisons pour lesquelles l’autre ancien président de la République, Boni Yayi, fut assigné à « résidence surveillée » depuis les événements malheureux des 1er et 02 mai 2019. Et cela n’a pas tardé ! Comme un magicien sortant un lapin de son chapeau, l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo, affirma derechef que ce n’était point les affaires des élections « non inclusives » qui opposaient l’ancien président, Boni Yayi, et l’actuel président, Patrice Talon, mais plutôt le coton. Rien que cela ! Mais sans surprise, encore une fois la montagne accoucha d’une souris et notre Pépé national, Nicéphore Soglo, tira de nouveau à terre, vidant lamentablement et abondamment son fiel dans le vide.
Je me fais le devoir d’éclairer l’opinion publique sur le dernier article paru dans les journaux de la place dans lesquels, Pépé Nicéphore Soglo expliquait les raisons du désaccord entre les deux et qui tenaient à la privatisation de la Sonapra. Tout serait parti, selon l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo, de la gestion du coton et du monopole sur les sociétés qui l’entourent, dont la Société nationale de la promotion agricole (Sonapra). Cette gestion, le président de la République, Patrice Talon, aurait réussi à en avoir totalement le contrôle et ce, au détriment de l’Etat du Bénin. Quel Maestro ! Comme si un seul homme pouvait s’imposer à un Etat souverain ! Pour qui connaît la filière coton au Bénin, cette sortie de l’ancien président de la République du Bénin n’est pas une nouvelle découverte, et c’est connu de tout le monde depuis 2008 que la Sonapra a été privatisée et transformée en Sodéco.
Pour les faits, rappelons que la privatisation de la Sonapra était à l’ordre du jour depuis très longtemps car, après la Conférence nationale de 1990, le Bénin choisit le libéralisme économique et l’Etat devait se désengager des activités de production et de commercialisation. C’est ainsi, que sous le mandat du Président Nicéphore Soglo lui-même, un appel d’offres fut élaboré et lancé, pour permettre aux opérateurs privés d’entrer dans le sous-secteur égrenage, en construisant des usines d’égrenage. Cet appel d’offres fut gagné haut la main par l’opérateur économique, Patrice Talon, qui construisit ainsi trois usines de 25.000 tonnes chacune.
Comme dans le monde, l’Etat a l’obligation d’offrir des conditions attractives pour attirer le secteur privé dans les méandres importants de l’économie, surtout dans des domaines où le secteur privé n’est pas encore présent, l’opérateur en bénéficia ; ce qui n’avait rien d’exceptionnel ! Des conditions favorables dont l’allocation de 75.000 tonnes de coton-graine étaient ainsi garanties aux trois usines, chaque fois que la production nationale atteint au moins 300.000 tonnes. C’est d’ailleurs avec ces conditions favorables que Patrice Talon réussit à amortir très rapidement ses usines construites et à se hisser à une place enviable dans l’industrie cotonnière, en dehors du fait qu’il était déjà bien présent dans le sous-secteur intrants.
C’est au vu de cela qu’à l’avènement du régime de Kérékou II, après l’éviction salvatrice du Président Nicéphore Soglo du pouvoir en 1996, des autorisations de construire de nouvelles usines par d’autres opérateurs privés ont été octroyées tous azimuts, cette fois-ci sans aucun appel d’offres, sans études préalables pour déterminer la capacité d’égrenage ! Dans le même temps, on permit à tout le monde d’entrer dans les intrants et même des vendeurs de pneus et de pièces détachées devinrent des importateurs d’intrants. Comme si l’objectif était de détruire l’acteur économique Patrice Talon ! La résultante de ce désordre organisé pour contrer Patrice Talon et pour faire d’autres riches comme lui, est la descente aux enfers de la filière coton, puisque la production ne suivit point. Les nouveaux égreneurs travaillèrent tous sous-capacité jusqu’à la faillite totale. Ils durent tous vendre leurs usines, comme condition essentielle de survie !
Pendant tout ce temps, les politiques ou stratégies des gouvernements successifs visaient à tout faire pour évincer et abattre l’acteur du secteur Patrice Talon. Mais, celui-ci en vrai professionnel, resta stoïque, égal à lui-même. C’est dans ces conditions que la privatisation de la Sonapra s’amorça.
Comme Pépé Nicéphore Soglo l’a dit, en accord avec les partenaires techniques et financiers (PTF), il s’agissait de faire une privatisation par quatre (04) lots, afin d’éviter un monopsone, un monopole privé. Plusieurs tentatives de privatisations furent ainsi entreprises sous le régime du Président Mathieu Kérékou et régulièrement annulées, simplement parce que Patrice Talon arrivait toujours à gagner un lot, sachant qu’on ne voulait pas de lui. La dernière tentative où ce dernier avait encore été adjudicataire provisoire, a été annulée le jour de la fin du mandat du Président Mathieu Kérékou ! On est simplement abasourdi par la méchanceté des hommes et on réalise comment et combien Patrice Talon fut toujours traqué dans son pays par ses frères !
Ainsi, la volonté acharnée de détruire Patrice Talon remonte curieusement à Kérékou II et on est surpris de la magnanimité du premier à promouvoir malgré tout les enfants du second. Quelle belle grandeur d’esprit !
Il est bienséant de rappeler tout cela afin de faire comprendre aisément la situation actuelle de la filière coton au Bénin. Beaucoup d’intoxications seront ainsi aisément balayées définitivement. L’immense mauvaise foi qui consiste à vomir aveuglément sur tout ce qu’il fait et la volonté systématique de nuire à Patrice Talon seront davantage comprises par le Béninois simple avide de transparence et de vérité et assoiffé de bonne foi ! Pendant des décennies, on fit croire que Patrice Talon était le seul mal dont souffrait la filière cotonnière. Mais, né pour réussir, celui-ci avança, conquérant, droit dans ses bottes ! Comme si une force inexorable le pousse toujours de l’avant pour gagner ; un égrégore bienfaisant le protégeant de toutes les agressions malignes et nuisibles ! Il est divinement protégé, le sieur Patrice Talon !
C’est dans ce contexte qu’à l’avènement du régime de Boni Yayi en 2006, la décision de finalisation de la privatisation de la Sonapra fut prise, mais cette fois-ci, en un seul bloc, comme le gouvernement de Kérékou l’avait toujours voulu, mais contraint par les Ptf à cause du bénéfice à tirer par le Bénin de l’initiative Ppte (pays pauvres très endettés). Mais avec le président Boni Yayi, plus aucune consultation ne fut faite avec les Ptf avant le changement de stratégie de privatisation et le lancement du processus.
Au lancement, naturellement il n’y avait plus de repreneurs, déçus et découragés par tant de tractations et de combines. Comme le processus fut repris N-fois, dans une volonté manifeste de tourmenter quelqu’un, cela n’intéressa plus aucun repreneur étranger sérieux. A l’arrivée, c’est toujours Patrice Talon qui gagna l’appel d’offres et, contre toute attente, le processus a encore été annulé pour être repris un an plu tard quand Patrice Talon fut déclaré adjudicataire définitif. Les conditions mirobolantes de la cession dont Pépé Nicéphore Soglo parlait ne sont rien d’extraordinaire, car bien contenues dans le dossier d’appel d’offres et publié. Elles ne relèvent donc aucunement d’un supposé « deal » avec un repreneur éventuel. C’était d’ailleurs le cas quand, spécialiste des deals souvent obscurantistes, le Président Boni Yayi était aux affaires, en intéressant le secteur privé à entrer dans l’égrenage et offrant des conditions alléchantes dans le dossier d’appel d’offres aux siens. Où est donc le péché de Patrice Talon ? Quel crime Patrice Talon a-t-il commis ? Où est son péché d’Israël ?
Par la suite, quand il y eut brouille entre Patrice Talon et Boni Yayi, ce dernier voulut mettre fin au contrat de cession, mais ne le put, heureusement ! Le mieux qu’il avait pu faire, c’est de créer des difficultés de gestion à la Sodéco, refusant ses allocations (contre paiement) de coton de graine, mais en la contraignant à faire de l’égrenage à façon, c’est-à-dire, à lui remettre du coton graine à égrener pour l’Etat contre rémunération, et non égrener pour son propre compte, comme à l’accoutumée. Ayant compris la stratégie peut-être pour saisir l’entreprise pour « raison d’Etat » auquel on a été habitué sous le régime Boni Yayi (souvenez-vous du vandalisme organisé à Allada en 2012 pour enlever de force les intrants de Patrice Talon (braquage), parqués dans son magasin, et l’arraisonnement d’un bateau qui contenait des intrants pour lui (gangstérisme au sommet de l’Etat), la Sodéco évita le pire.
Dans ces conditions où Patrice Talon lutta pour conserver la Sodéco, peut-on raisonnablement penser que, une fois devenu Président de la République, ce dernier va chercher à séquestrer Boni Yayi ? Si oui, pourquoi ne l’a-t-il pas fait depuis plus de trois ans qu’il est au pouvoir, et c’est à l’issue des événements des 1er et 2 mai 2019, seulement qu’il voudrait faire mal à Boni Yayi ? Quel délire, Pépé Nicéphore Soglo ! A l’analyse, on voit que vous ne savez plus quoi dire ou faire pour nuire à Patrice Talon. Et c’est bien dommage et définitivement triste ! Voyez comment la Cour Africaine des Droits de l’Homme a rejeté la plainte de Boni Yayi et sachons garder raison et lucidité !
Mais, en tant qu’ancien Président de la République du Bénin, ce que vous avez oublié de dire, ce qui montre votre haine sans limite et votre jalousie sans borne contre le Président Patrice Talon, notre président, donc, votre Président, c’est que depuis qu’il est venu au pouvoir, la filière coton marche comme jamais auparavant.
La première campagne, avec le savoir-faire et l’efficacité en action, sa production de coton a battu le record de 451.000 tonnes jamais atteint dans l’histoire du Bénin, même quand vous étiez aux affaires, vantant outrancièrement les conseils que Jean Ziegler vous aurait prodigués sur le coton ! L’année suivante (2017), c’est 597.000 tonnes de coton puis pour la campagne passée (2019), c’est encore un autre record de 678.000 tonnes de coton qui fut aisément écrasé ! Le Benin ravit d’emblée la première place dans la sous-région pour la production cotonnière et aussi la deuxième place pour les vivriers : ce qui montre que ce n’est pas un effet de hasard ! Ancien Président de la République, Nicéphore Soglo, veuillez bien reconnaître au moins ça, car en votre temps, vous n’aviez pas pu, pendant tous vos cinq ans de mandat présidentiel, faire autant.
Après seulement trois ans, le président Patrice Talon a déjà tant fait et dans beaucoup d’autres domaines encore. Ce qu’il faut souligner est qu’aujourd’hui le coton n’est plus subventionné au Bénin sous le régime Talon et pourtant cela marche brillamment. Les producteurs sont tous payés à temps échu et il n’y a plus de queue de campagne, alors que dans tous les autres pays de la sous-région, c’est encore des subventions massives de la part des Gouvernements. En plus, savez-vous que les égreneurs Béninois paient maintenant une taxe de 10 FCfa par kilogramme de coton fibre exporté ? Que peut-on faire d’autre, cher ancien Président de la République du Bénin Nicéphore Soglo, pour que vous portiez le Président Patrice Talon sur des lauriers ? C’est faire preuve de grandeur d’esprit que de reconnaître les ovations soutenues qui inondent les mérites éprouvés de son adversaire, fût-il son ennemi erronément, mais obstinément acharné !
Ainsi, si c’était l’hypothèse de désaccord sur le coton et non les élections législatives ou les menaces sur la démocratie, comme vous l’évoquiez, alors vous trompez le peuple béninois en prétendant que vous le défendez alors que ce ne sont que vos intérêts égoïstes que vous voulez préserver !
Finalement, comme dans l’histoire de l’Humanité, le Béninois simple, c’est-à-dire ce fils du Bénin lucide et objectif, note d’office au Bénin une dualité permanente en intégration dans le développement du Bénin : les Forces du Mal hostiles à son développement (les égoïstes et consorts qui ne pensent qu’à eux et à leurs intérêts claniques / partisans et non au pays) et les Forces du Bien (les altruistes et tous ceux qui œuvrent inlassablement à l’amélioration continue du bien-être des communautés béninoises pauvres ou indigentes).
S’il vous plaît, ancien Président de la République du Bénin Nicéphore Soglo, dans quelle catégorie êtes-vous dans ce manichéisme révélateur de positionnements ? Je vous prie de bien vouloir vous déterminer, afin de laisser une bonne image dans l’Inconscient Collectif Béninois bien écorné par vos agissements de ces derniers temps !
C’est ce que J’ai encore pensé ! »
Dr. Ir. Gilles Expédit Gohy
Sociologue démographe politologue
Maître-assistant des Universités du Cames
Enseignant chercheur à l’Eneam/Uac

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