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[RFI - Afrique Économie] [Reportage]Kenya: dans une unité de production d’énergie via la géothermie

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Le Kenya se veut un leader environnemental en Afrique. Le pays augmente de plus en plus la part des sources d’énergies renouvelables et propres. Parmi elles, la géothermie, qui permet de produire de l’électricité grâce à la chaleur terrestre. 8e producteur mondial, 1er en Afrique, le Kenya va continuer d’étendre ce système pour limiter la part d’énergie fossile et le réchauffement climatique. Sébastien Németh s’est rendu à Olkaria, au nord de Nairobi, premier site géothermique du pays. De la vapeur s’échappe d’un des 300 puits creusés à Olkaria. Ses tuyaux plongent à trois kilomètres de profondeur où ils récupèrent de l’eau chaude. Cyrus Karingithi, directeur adjoint chez KenGen, entreprise publique qui gère le site :  « ce puits produit de l’eau et de la vapeur. Elles vont dans un séparateur, qui les sépare à 160 degrés. La vapeur rejoint l’autoroute à vapeur, qui est reliée à l’usine. L’eau elle va dans un puits de réinjection et repart dans le sol. Ça fait comme une boucle. » La vapeur récupérée converge vers l’une des quatre usines de production d’Olkaria où elle est transformée en électricité. Depuis la salle de contrôle, Cyrus Karingithi en explique le principe : « la vapeur arrive ici, elle fait tourner les turbines, qui font tourner le rotor du générateur, qui transforme ça en électricité. La vapeur se déverse ensuite dans un condensateur, qui la retransforme en eau, qui elle-même est réinjectée froide dans le sol à travers un puits de réinjection. On produit 24h sur 24. » Cette technologie propre a un bel avenir au Kenya, pays traversé par la Vallée du Rift où la croûte terrestre est plus fine et où les foreuses atteignent plus facilement les sources de chaleur. Aujourd’hui le Kenya produit 530 MW grâce à la géothermie, soit 30% de son électricité. Chaque mégawatt éclaire 5 000 maisons. Peter Odhengo, analyste politique au Trésor Kenyan : « Le Kenya a un potentiel de 7 à 10 000 MW. On en exploite moins de 10% parce que l’investissement est très cher. Les infrastructures d’aujourd’hui résultent de la bonne volonté du gouvernement, qui a engagé des ressources publiques, dans des opérations risquées. Dans le financement écologique, l’image est toujours celle d’un investissement risqué. Malheureusement le secteur privé, moteur de l’investissement, reste à la traîne. » Malgré les risques, des acteurs extérieurs ont décidé d’investir comme l’Agence française de développement qui a injecté plus de 100 millions d’euros à Olkaria. Laurent Farge, responsable du programme Energie de l’AFD au Kenya : « c'est d'abord une électricité propre, qui est disponible localement et que le Kenya peut produire avec ses propres ressources. L'AFD est intéressée de financer des projets viables, qui font du sens pour le pays. Les coûts d'investissement pour tout ce qui est exploration sont très lourds. Ce sont des projets très risqués ; un bailleur comme l'AFD a toute sa place. » A Olkaria, le gouvernement kenyan veut construire cinq nouvelles usines d’ici 2025 et faire passer la part du géothermique dans la production d’électricité à presque 50%.

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