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[Le Magazine de L'afrique - Business] Louise Mushikiwabo, les besoins de l’OIF

Inde-Afrique Les moyens d’une géo-économie
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La nouvelle secrétaire de l’OIF, ancienne ministre au Rwanda, veut bouger de l’intérieur une organisation qui a besoin de restructuration et d’un toilettage, afin de mieux affronter les défis du multilatéralisme. Aura-t-elle les moyens de ses ambitions ?

Entretien avec Hichem Ben Yaïche 

En quelques mois à la tête de l’OIF, avez-vous le sentiment d’avoir pris vos marques, de vous être approprié les dossiers et les sujets? 

Tout à fait. Je viens de l’autre côté de l’OIF. J’ai occupé pendant dix ans le poste de ministre des Affaires étrangères de mon pays. Je connaissais l’organisation, mais pas la maison. C’est une expérience qui m’aide aujourd’hui. 

Je recevais les rapports de l’ambassadeur du Rwanda à Paris, qui est aussi en charge de la Francophonie, ce qui me permettait de « connaître », mais avec une certaine distance, la vision de tout un paysage politique sur le plan international et – c’est important – d’un point de vue multilatéral. Je suis donc arrivée à la tête de la Francophonie – et c’est la raison pour laquelle je me suis présentée à ce poste – à un moment crucial pour cet aspect multilatéral. 

Depuis cinq mois, j’ai pris le temps de comprendre les rouages de l’Organisation, pour bien discerner les opportunités qui sont très importantes. L’OIF est sollicitée tous les jours, de tous les côtés. Cela veut dire que c’est une institution qui compte, qui peut avoir plus d’influence et qui peut créer des partenariats. À condition que nous procédions à un minimum de toilettage… 

Quels vont être vos chantiers majeurs ? Aujourd’hui, la Francophonie ne peut plus fonctionner comme avant. Le monde a changé… 

Oui, le monde a changé et la Francophonie doit changer avec. L’OIF fêtera en novembre 2020, à Tunis, son cinquantième anniversaire. Je serai alors à mi-mandat. C’est une très belle coïncidence qui me donnera le devoir et l’opportunité de dresser le bilan de mon action et d’annoncer mes projets pour l’avenir auprès des chefs d’État et de gouvernement.

J’ai créé un groupe de réflexion à cet égard. La mission de l’OIF était, à l’origine, fondée sur l’interculturalité et sur la solidarité des peuples francophones. Je suis convaincue qu’elle doit, à présent, se tourner vers la jeunesse. Non, pas seulement pour se rajeunir, mais surtout, parce que l’espace francophone est un espace de jeunes. Les pays membres du Sud connaissent une démographie galopante ce qui implique que nous soyons pertinents par rapport au temps présent. 

Justement, comment entrer dans ce nouvel âge que vous appelez de vos voeux ? Et comment structurer cette transition ? 

J’ai beaucoup d’énergie, j’aime ce que je fais. Mais je suis aussi très lucide sur les réalités du monde : l’OIF existait bien avant moi. C’est une organisation qui fait beaucoup de bonnes choses mais qui s’éparpille. La Francophonie est partout, elle fait un peu de tout, ce qui finalement aboutit à une espèce de saupoudrage. Concrètement, il est impératif de commencer par limiter nos champs d’action. Nous devons nous focaliser sur certaines activités. 

Lesquelles ? 

Par exemple, l’enseignement de la langue française constitue une des missions essentielles de l’OIF. Pour mener cette mission à bien, nous avons un opérateur et un institut, l’Agence universitaire de la Francophonie, qui fait du très bon travail grâce au réseau magnifique qu’elle possède à travers le monde.

Je sillonne l’Afrique depuis dix ans, et je vois ce que les jeunes sont aujourd’hui capables de faire avec un smartphone. C’est incroyable ! 

Nous avons aussi l’Institut francophone pour l’éducation, qui est basé à Dakar. Ces deux institutions devraient bénéficier d’un budget plus important pour pouvoir faire encore plus ce qu’ils font déjà bien. Par exemple, l’AUF dispose d’un formidable réseau de campus numériques à travers l’espace francophone, dont quinze ou vingt en Afrique. Et l’Agence dispose de trois cents universités sur le continent !

Pourquoi éparpiller nos budgets sur d’autres aspects de l’éducation plutôt que de les concentrer sur les campus numériques, qui favorisent non seulement l’éducation, mais aussi la préparation à l’emploi et l’innovation ? Nous devons favoriser et développer ce qui marche bien. Parce que nous ne pouvons pas tout faire, non plus, dans l’éducation… L’éducation, c’est immense ! 

La jeunesse, aussi, c’est immense ! Mais nous pouvons concentrer les deux, mettre ensemble l’IFEF et l’AUF qui…

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TAGS: AFRIQUE, Décideurs, France, Francophonie, Kigali, Le Magazine de L'afrique, Louise Mushikiwabo, Mercredi 10 juillet 2019, OIF, Par Hichem Ben Yaïche
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