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[Le Magazine de L'afrique - Business] Le Gabon agricole du ministre Moussavou

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Face aux défis de l’agriculture au Gabon, un meilleur système d’accès à la propriété foncière et l’amélioration des infrastructures représentent les principaux éléments de réponse, explique le ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Biendi Maganga Moussavou.

Dossier réalisé par Marie-France Réveillard. En partenariat avec Économie+ Gabon. Photos : Cédric Aboghé, sauf mention contraire.  

L’agriculture occupe une place importante dans le cadre du plan de relance de l’économie. Quels sont les sujets prioritaires que vous avez sélectionnés et pourquoi ces choix ?

Pour améliorer la sécurité alimentaire et la contribution du secteur agricole à l’économie nationale, le ministère de l’Agriculture travaille sur plusieurs projets dont en particulier le programme Graine. Il a pour objectif de générer des produits vivriers tels que le manioc, la banane, la tomate et le piment qui constituent l’essentiel des aliments traditionnellement consommés par les Gabonais.

Nous devons être plus réalistes et nous attaquer aux filières les plus porteuses, celles qui nous permettront de limiter les importations dans la perspective de l’autosuffisance alimentaire.

La mise en oeuvre de ce programme devrait s’ouvrir à tous les exploitants agricoles, en coopérative ou pas et, en matière de spéculations, il ne sera plus limité aux quatre cultures initiales. Ce programme vivrier devrait nous permettre d’être autosuffisants sur certains produits cibles.

Afin d’accélérer la mise en oeuvre de Graine, le Gabon vient d’obtenir un prêt de la BAD, en cours de ratification par le parlement. Cet appui est destiné aux financements des différentes infrastructures nécessaires à l’augmentation de la production agricole. Il s’agit notamment de pistes agricoles, de centres de stockage, de marchés et de structures de formation et de mécanisation. L’objectif est de passer d’une agriculture traditionnelle à une agriculture moderne.

Il nous faut également nous attaquer à la question des importations qui obèrent nos réserves de change et aggravent nos difficultés économiques. De ce point de vue, l’analyse détaillée du profil des importations montre que le riz, la viande de volaille et de porc représentent environ un tiers de nos importations, soit 107 milliards de F.CFA en 2017 (163,1 millions d’euros) et les perspectives élaborées dans le cadre des différentes études indiquent que ces importations vont continuer à croître : le riz devrait atteindre 198 000 tonnes en 2020 contre 90 000 t aujourd’hui.

Il nous faut donc très rapidement lancer la riziculture industrielle et augmenter de façon significative la production nationale en viande de volaille et de porc. À terme, la chaîne de valeur de ces trois filières devrait créer plus de 25 000 emplois directs.

Une autre priorité identifiée par le gouvernement concerne la sécurité alimentaire nutritionnelle. Nous travaillons actuellement à la création d’un laboratoire d’analyse de la qualité des aliments et à la construction d’une zone de groupage des produits agricoles et de quarantaine à la frontière de Meyo-Kyé pour les animaux sur pied. Ces outils nous permettront de nous assurer de la bonne qualité des produits en provenance du Cameroun et de Guinée, et d’optimiser la gestion des flux.

À côté de ces projets, nous travaillons à la structuration d’un écosystème favorable aux investissements agricoles. Cela passe par un soutien aux investisseurs, notamment à travers les appuis que peuvent apporter la BAD, la BDEAC et la Banque islamique de développement qui était d’ailleurs récemment à Libreville pour y tenir son 4e forum annuel. L’objectif est d’apporter davantage de garanties et de sécurité afin d’attirer un plus grand nombre d’investisseurs dans notre pays.

Alors que l’État détient 51 % de ce partenariat, le projet Graine n’est pas géré par le ministère de l’Agriculture. Cette mission a été confiée à la société Sotrader, société privée filiale d’Olam. Combien de terres ont-elles été cédées à l’exploitation des palmiers à huile ? Quels sont les futurs développements prévus et dans quels délais ?

Il est inexact de dire que le programme Graine n’est pas géré par le ministère de l’Agriculture. Comme vous l’énoncez, nous sommes majoritaires et participons aux orientations et aux décisions prises dans le cadre de ce programme. Il faut rappeler que ces orientations sont prises sur la base des retours que nous avons du terrain, notamment des différentes coopératives et exploitants agricoles. Nous assumons pleinement notre rôle.

Sur le plan budgétaire, nous avons obtenu un prêt de 64 milliards de F.CFA (97,6 millions d’euros) accordé par la BAD. Nous allons procéder au premier tirage dans quelques mois et les suivants sont appelés à s’étendre sur les cinq prochaines années. L’État gabonais contribue à hauteur de 11 milliards de F.CFA. Cette somme nous aidera à soutenir et structurer les planteurs. Au sortir des Assises de l’agriculture, les points faibles du programme Graine ont été analysés. Ce PAPG1 (Projet d’appui) a pour objectif de corriger et de constater les manquements pour améliorer les rendements et éviter l’isolement des producteurs.

Concernant la place du palmier à huile dans le programme, la Sotrader a reçu l’accord de son conseil d’administration et du comité de pilotage pour planter des palmiers à huile sur 10 000 hectares, qui s’ajoutent aux 40 000 hectares de l’exploitation d’Olam. Aujourd’hui, le Gabon est exportateur d’huile de palme et d’huile d’amande. Ces activités sont tout à fait coordonnées. Elles tiennent compte des impacts environnementaux en limitant au maximum la déforestation.

Quelles sont les actions menées par votre ministère pour diminuer l’importation de denrées alimentaires qui s’élèvent à 370 à 400 milliards de F.CFA par an ?

Elles consistent à cibler les habitudes de consommation de nos concitoyens. Nous entretenons un rapport culturel et sentimental avec la ruralité et avons pour habitude de promouvoir ces consommations historiques de notre culture (manioc, banane, taro, etc.). Aujourd’hui, nous devons être plus réalistes et nous attaquer aux filières les plus porteuses, celles qui nous permettront de limiter les importations dans la perspective de l’autosuffisance alimentaire.

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TAGS: African Business, Afrique centrale, Agriculture, Biendi Maganga Moussavou, Décideurs, Elevage, Gabon, Interview, Jeudi 19 juillet 2018, Le Magazine de L'afrique, Libreville, Ministre
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