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Un mois de mai dévastateur en Bourse

Un mois de mai dévastateur en Bourse
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Nouvelle annonce

Gros coup de mou pour le Dow Jones, qui a aligné vendredi une sixième semaine consécutive de repli (dont quatre de consolidation bien réelle depuis le 6 mai), soit la plus longue série perdante depuis 2011.

L’indice vient d’accuser une perte hebdomadaire de 3% et a cédé 6% sur le mois écoulé, mais le Nasdaq a fait encore pire, décrochant en mai de 7,4% pour s’enfoncer sous les 25 000 points.

Quant au pétrole, il a plongé de pratiquement 10% la semaine dernière, un dévissage qui trahit un changement de perception de la conjoncture, si tant qu’un doute soit encore possible après le vaste « sell off » qui a ébranlé, excusez du peu, les secteurs de la distribution, des semi-conducteurs et des « biotechs ».

La distribution donc, mais également les grandes enseignes de prêt à porter à l’image de Big Lots (-25%), GAP, Foot Lockers, Kohl’s (-30%), Dean Foods (-32%), J.C.Penney (-35%) ou encore Abercrombie & Fitch (-42%).

L’indice des semi-conducteurs Soxx a quant à lui chuté de 20%, plombé par les déconvenues qu’ont enregistré Micron, Qualcomm (-22%) et Nvidia (-25%).

Quant à Mylan, dont l’action s’est écroulée de 37%, il est tout simplement le grand perdant du mois au sein du Nasdaq, sachant de surcroît que plusieurs « biotechs » du NYSE ont vu leur action dégringoler de 30%.

Après un mois de mai qui a pris l’apparence d’un mini-krach pour nombre de vedettes du premier trimestre, l’hémorragie va-t-elle continuer ?

Un Donald Trump déchaîné

Le destin de Wall Street est depuis de longs mois suspendu aux tweets de Donald Trump, lequel n’a eu de cesse de louer des niveaux records affichés il y a un mois, s’en attribuant non seulement le mérite, mais accusant également la Fed d’avoir empêché que les indices américains aillent encore plus haut.

Accusera-t-il l’institution d’être responsable de la chute de 7% (en moyenne) de ces mêmes indices le mois dernier (et de 10% depuis les sommets inscrits début mai) ou juge-t-il qu’après des gains compris entre 17 et 20% en l’espace de quatre mois, les investisseurs peuvent supporter un retour à la case départ ?

Le président américain apparaît en tous les cas littéralement déchaîné depuis un mois.

Après avoir ouvert la boîte à baffes contre la Chine début mai, il vient en effet de s’en prendre au Mexique, instaurant à la stupéfaction générale un calendrier de hausse des tarifs douaniers de 5% chaque premier du mois (sauf en juin où ce sera le 10), jusqu’à atteindre les 25% (appliqués à la Chine) début octobre.

Emporté par un irrésistible élan vindicatif, Donald Trump n’a pas tardé à poursuivre sur sa lancée, assénant un coup de batte de base-ball à l’Inde en la privant d’un mécanisme avantageux baptisé « SPG », mécanisme qui autorise des importations préférentielles indiennes, en franchise de droits de douane, pouvant aller jusqu’à 5,6 Mds$.

« J’ai déterminé que l’Inde n’avait pas assuré les Etats-Unis que son pays lui fournirait un accès équitable et raisonnable à ses marchés », a justifié le locataire de la Maison Blanche. Les responsables politiques indiens (le premier ministre Modi vient d’être réélu) ne devraient cependant pas tendre l’autre joue et se réservent la possibilité de hausser les droits d’importation sur plus de 20 produits américains dans l’hypothèse où Washington exclurait l’Inde du programme “SPG”.

Mais Donald Trump ne se contente pas de taper sur les pays exportateurs : il distribue également des gnons en interne, poursuivant son œuvre de destruction de tout ce qui fut mis en place sous l’administration Obama.

Cette fois-ci, il a fait annuler des directives visant à promouvoir les minorités lors des examens d’entrée à l’université. Ces dernières venaient compléter les mesures dites de « discrimination positive » mises en place dans les années 1960 sous la pression des défenseurs des droits civiques. Le président s’est appuyé sur plusieurs arrêts successifs de la Cour suprême défavorables auxdites mesures, qui n’apparaissent plus aussi pertinentes qu’à l’époque de leur instauration. Une façon de provoquer la colère des démocrates et de se compliquer la tâche au cas où il leur proposerait des mesures de relance par la dépense publique…

Face à cette escalade, Wall Street a manifesté une inquiétude à laquelle le président américain reste sourd, en tout cas dans l’immédiat, avec un VIX qui a poursuivi sa remontée vers la zone rouge des 20 et a conclu le mois de mai par un nouveau bond de 8,4% à 18,75.

Quant aux marchés obligataires, ils n’ont pas été en reste, confirmant cette peur d’une récession découlant d’une guerre commerciale tous azimuts. En termes chiffrés, le rendement du T-Bond 2029 flirtait notamment avec 2,135% vendredi soir, soit une décrue de 8 points en 24 heures, de 110 points de base par rapport à novembre 2018, et un plus bas depuis septembre 2017.

« L’art du deal » de Donald Trump s’apparente de plus en plus à celui qui se pratique dans les cages d’escalier des cités gangrenées par la violence… et ce pourrait bien être au tour des marchés financiers de se montrer violents.

Trump envoie les marchés dans le mur

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TAGS: biotechs, Donald Trump, Dow Jones, Indices, sociétés et marchés, Nasdaq, semi-conducteurs, US
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