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Stéphane Affro* : « Répondre au déficit de demande »

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Le groupe Kaydan opère dans l’ensemble de la sous-région selon un concept novateur : offrir des solutions complètes, de la construction au financement. Entretien avec Stéphane Affro, son directeur général. 

Kaydan se positionne comme un groupe « intégré ». Quelle est la particularité de son approche ? 

Notre objectif premier est d’apporter à nos clients des solutions adaptées à leurs besoins. À travers notre palette de services à la demande (conseil, conceptions architecturales, ingénierie du bâtiment, structuration financière, juridique et fiscale, financement, construction et commercialisation), le client choisit l’accompagnement à la carte dont il a besoin. Nous sommes heureux que cette approche rencontre l’adhésion des clients. 

Vous vous êtes spécialisés dans le secteur de l’immobilier de haut standing. Avez-vous vu venir l’émergence de la classe moyenne ? 

Notre aventure a démarré sur la niche…

L’avenir nous réserve de nombreux défis que seuls les acteurs ayant développé une forte capacité d’anticipation et une agilité pourront saisir. Nos économies doivent relever le défi de la transformation des matières premières, du renforcement de notre tissu industriel, de l’intégration africaine et de la stabilité politique. 

…du très haut standing, (Cocody ambassades, Cocody Danga, Assinie etc.), avec des clients très exigeants. Cependant la demande immobilière en Côte d’Ivoire est plus forte sur le social, l’économique et le moyen standing. Depuis quelques années, nous avons amorcé notre diversification vers la demande du marché. Nous proposons, aujourd’hui, des produits à la classe moyenne naissante (Programme Symphonia – 114 villas à la Riviera Ephrata ; Programme Callisto 440 villas, nouvelle autoroute Grand-Bassam) et nous envisageons des solutions pour les autres classes sociales dans un avenir proche. 

Quel est votre modèle de construction : Avez-vous développé une « touche ivoirienne » en matière d’architecture, de choix des matériaux, par exemple ? 

Notre approche est très ouverte. Nous nous adaptons aux besoins du client, nous savons allier modernisme et tradition. En ce qui concerne la construction, le pays a su développer une industrie locale sur certains corps d’état (gros oeuvre et corps d’état technique), cependant sur les corps d’état architecturaux, nous importons encore assez. Il faudra songer à mettre en place une stratégie industrielle nationale pour réduire cette dépendance de l’extérieur. 

La Côte d’Ivoire, comme d’autres pays d’Afrique, connaît un important déficit en matière de logements. Comment construire plus, plus vite, et en qualité ? 

Effectivement le déficit est réel et s’accroît d’année en année. Nous n’avons pas d’autre choix que de mettre en place des solutions innovantes et optimisées pour faire face à ce déficit. C’est en cela que notre approche de développeur nous paraît pertinente. Nous coordonnons les actions de différents acteurs de la chaîne de valeur immobilière autour d’un projet afin d’en optimiser sa mise en oeuvre (conception, financement, construction, commercialisation). Un projet bien conçu, bien structuré et financé, construit dans les règles de l’art a de faibles chances de dérailler en matière de délais et de qualité. 

Le défi est également de construire « local ». Peut-on aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, construire avec des matériaux locaux et non importés ? 

Dans l’état actuel des choses, non ! Il devient urgent de mettre en place une stratégie industrielle nationale pour réduire notre dépendance de l’extérieur. Il faudra créer des unités industrielles spécialisées dans le carrelage, la menuiserie, les sanitaires, etc. 

Il s’agit également de former localement dans un pays où on manque singulièrement de maçons, d’électriciens, de carreleurs, ainsi que d’autres métiers du BTP. 

C’est le paradoxe de la situation dans nos pays. Nous avons un fort taux de chômage de la jeunesse alors que la demande dans les métiers spécialisés du bâtiment est très forte. La cause peut bien être liée à l’inadéquation entre l’offre de formation et la demande du marché de travail, mais aussi de la perception dévalorisante de ses métiers dans l’opinion générale.

La solution pourrait être de professionnaliser ses métiers afin de les rendre attractifs à la fois aux organismes de formation et aux jeunes en quête d’emplois. En complément de cette professionnalisation un accompagnement à l’installation par l’équipement serait nécessaire. 

Les autorités se sont engagées à réserver 30 % des contrats publics à la sous-traitance locale dans ses projets de constructions. Cela est-il appliqué ? 

Avons-nous d’autre choix ? Le dynamisme de notre démographie et la jeunesse de notre population active nous imposent de créer un écosystème local d’entreprises. Chez Kaydan, nous faisons confiance à de nombreux entrepreneurs locaux avec qui nous réalisons nos projets… 

Dans ce cadre, la sous-traitance locale répond-elle aux nouvelles exigences ? 

De notre expérience, nos sous-traitants locaux ont toujours apporté satisfaction à nos clients (respect des délais, qualité des livrables, etc.). Bien sûr, il nous a fallu créer au départ un climat de confiance, de mettre en place des procédures efficientes. Nous pensons qu’il faut perpétuer et encourager cette démarche pour améliorer la perception et la performance de nos PME. 

Pour la Côte d’Ivoire, comme pour le continent, il va falloir innover pour faire face à la demande grandissante Quels sont les solutions que vous préconisez ? 

Tout bouleversement crée des opportunités. L’avenir nous réserve de nombreux défis que seuls les acteurs ou personnes ayant développé une forte capacité d’anticipation et une agilité pourront comprendre et saisir. Nos économies doivent relever le défi de la transformation de nos matières premières, du renforcement de notre tissu industriel, de l’intégration africaine et de la stabilité politique. 

Nous pensons que l’entrepreneuriat jouera un rôle prépondérant dans les solutions envisagées à ces problématiques (industrialisation, réduction du chômage, consommation, amélioration de l’offre de logement…). Pour ce faire, il faudra un accompagnement de nos États, qui devront mettre en place une stratégie et un cadre favorisant ces initiatives.

*directeur général de Kaydan

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TAGS: AFRIQUE, Construction, groupe Kaydan, immobilier, Lundi 24 juin 2019
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