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[Le Magazine de L'afrique] MAJ – Algérie : 81 ans, Boutef’ voulait un 5è mandat, mais le peuple s’est dressé…

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Nouvelle annonce

Finalement le président algérien Abdelaziz Bouteflika (81 ans) ne pourra pas faire acte de candidature pour un 5è mandat. Il a renoncé hier lundi à se présenter à la présidentielle théoriquement censée se tenir en avril.

Par JO

« Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République« , a dit le président Abdelaziz Bouteflika.

Mais aussitôt, Boutef’ a reporté le scrutin électoral à une date ultérieure. Cette annonce du renoncement d’Abdelaziz Bouteflika s’accompagne d’un remaniement gouvernemental. L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia cède sa place à Noureddine Bedoui, Ramtane Lamamra est nommé vice-Premier ministre.

Mais selon son principal adversaire Ali Benflis (ancien Premier ministre du même Abdelaziz Bouteflika) : « L’allongement du 4e mandat est une agression contre la Constitution par les forces non constitutionnelles. Ses forces se sont emparées des centres de décision » du pays.

Pendant ce temps, les appels à d’autres manifestation se multiplient comme notamment celui des étudiants qui entendent manifester ce mardi pour mettre « fin (au) système« , en se disant peu dupes de l’apparent recul, la veille, de Bouteflika au pouvoir depuis 20 ans. Des heures chaudes en perspectives dans ce grand pays du Maghreb.

FLASH BACK 11 FÉVRIER 2019

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika (81 ans) a annoncé dimanche qu’il briguerait un cinquième mandat lors de l’élection présidentielle d’avril, au lendemain de la désignation du chef de l’Etat comme candidat du Front de libération nationale (FLN). 

Par JO

Candidat à la présidentielle d’avril 2019, le président Abdelaziz Bouteflika part pour un cinquième mandat. Comment en est-on arrivé là ?

FLASH BACK —— Lundi 16 avril 2018 – Rebelote. A moins d’un an bientôt de la présidentielle en Algérie (avril ou mai) 2019, les partisans du président Abdelaziz Bouteflika échafaudent toutes sortes de scénarii pour rendre possible une cinquième candidature de 5 ans de l’actuel chef d’Etat âgé de 81 ans.

Il est vrai que la Constitution n’empêche pas le président Abdelaziz Bouteflika (Boutef’), en poste depuis 1999, de faire acte de candidature. Il est aussi vrai que ce n’est pas la première fois que l’hypothèse d’un cinquième mandat pour lui, est mise dans le débat public.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika (81 ans) a annoncé dimanche qu’il briguerait un cinquième mandat lors de l’élection présidentielle d’avril 2019

De fait, depuis plusieurs semaines des membres influents du Front de libération nationale (FLN, au pouvoir) et des ministres se relaient pour en appeler à une candidature, la cinquième du genre, de Abdelaziz Bouteflika. Une telle perspective laisse songeur des risques qu’elle pourrait engendrer pour l’Algérie si elle était conduite sérieusement à terme. Pourquoi ?

Le président de l’Algérie peine, depuis plusieurs années, à se remettre d’un Accident vasculaire cérébral (AVC) survenu en 2013 et en est fortement affaibli par les séquelles. Ses apparitions publiques riment avec quasiment jamais. Et ses réelles prises avec les réalités socio-économiques et politiques ne coulent pas de source. Autant de raisons qui laissent planer de vraies inquiétudes quant à ces appels pour un 5è mandat.

Il a suffi d’une apparition lundi 9 avril de Boutéf à la faveur de l’inauguration d’une mosquée en centre-ville d’Alger et d’une ligne de métro, pour que le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, enthousiaste, se laisse aller en un « je serai content si le Président se représente en 2019 » au scrutin présidentiel. Tout comme lui, des ministres et autres responsables politiques envisagent très sérieusement la possibilité d’un cinquième mandat pour Abdelaziz Bouteflika.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, avait annoncé que le parti soutiendrait une candidature de Boutef’.

Profitant de l’apparition du chef de l’Etat le 9 avril, bien qu’en fauteuil roulant, le président de l’Assemblée nationale y a vu là la preuve manifeste de l’attachement de ce dernier aux réalisations opérées dans le pays et aussi à son attachement à l’avancement des autres projets d’infrastructures sur le terrain.

A Paris, le journaliste Abdelkader Messahel devenu ministre des Affaires étrangères, depuis plus de 15 ans, assure que l’Algérie est bien dirigée par le président Bouteflika.

Pendant ce temps, une troisième voie s’imprime : celle qui souhaite remplacer l’actuel statu quo que représente Abdelaziz Bouteflika en venue d’un autre candidat pour la succession et qui ferait consensus.

Ce qui pourrait justifier à nouveau une nouvelle candidature. Et ce ne sont pas des propos susurrés du bout des lèvres. Car « j’ai rencontré la semaine dernière le président Abdelaziz Bouteflika. Nous avons discuté pendant une heure. C’est la quatrième fois que je le rencontre cette année. Je le connais depuis plus de trente ans. J’ai constaté qu’il a un grand désir de se représenter pour un cinquième mandat », a assuré Farouk Ksentini, avocat algérien et ex-président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’Homme.

Le spécialiste de droit qu’il est va jusqu’à préciser que la « Constitution (du pays) ne l’empêche pas de se présenter pour un autre mandat. Il faut que le choix des urnes soit respecté ». « C’est son droit » d’être candidat « et nous le soutenons», a-t-il dit sans équivoque.

Volubile et loquace Farouk Ksentini martèle : « Je connais bien le Président. Il veut rester au service de son pays et à sa disposition jusqu’à la mort ».

Si la volonté de Abdelaziz Bouteflika de se présenter, du moins comme le soulignent ses partisans, enchantent le FLN et alliés, il est peu probable que cette initiative soit frappée du sceau de l’unanimité. En effet, même si le reconnaît l’éditorialiste Abed Charef, l’effet de toutes ces déclarations est implacable : parler de cinquième mandat suffit à « décourager toute initiative de la part de l’opposition », la donne politique interne laisse croire que cette technique est usée.

Si la volonté de Abdelaziz Bouteflika de se présenter, du moins comme le soulignent ses partisans, enchantent le FLN et alliés, il est peu probable que cette initiative soit frappée du sceau de l’unanimité.

Début octobre 2017 déjà, plusieurs personnalités algériennes avaient appelé à empêcher la  candidature à un 5e mandat en 2019 de l’actuel Président, estimant qu’Abdelaziz Bouteflika, « très lourdement handicapé », « n’était plus en mesure de diriger » le pays des Fennecs.

Et cette année, des personnalités de l’opposition, des intellectuels et des universitaires adossés sur l’article 102 de la Constitution ne cessent également de relancer des appels à la destitution du chef de l’Etat demandant notamment que soit déclaré son empêchement pour affaiblissement lié à un AVC qui a affecté profondément son élocution et sa mobilité. 

Pendant ce temps, une troisième voie s’imprime : celle qui souhaite remplacer l’actuel statu quo que représente Abdelaziz Bouteflika en vue d’un autre candidat pour la succession et qui ferait consensus.

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TAGS: Abdelaziz Bouteflika, Afrique du Nord, Alger, Algérie, Candidature, Élection, Le Magazine de L'afrique, Lundi 11 février 2019, Lundi 16 avril 2018, Maghreb, Mardi 12 mars 2019, Par JO, POLITIQUE, Présidentielle
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