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Fernando Hermes Vega Moiche : « En attendant des jours meilleurs »

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Parcours édifiant d’un chef d’entreprise équato-guinéen, qui après avoir dû réduire la voilure, reste à l’affût de nouvelles ambitions. Les programmes de diversification de l’économie recèleront, espère-t-il, de nouvelles opportunités.

Par Guillaume Weill-Raynal 

Il a connu « les années de vaches grasses ». Revenu au pays en 2003, après ses études en France, Fernando Hermès Vega Moiche, ingénieur mécanicien de 44 ans, était parvenu à la tête de quatre entreprises. Une concession d’automobiles haut de gamme et trois sociétés de Génie civil, de BTP et de location d’engins de chantiers.

Un secteur porté par la politique de grands travaux d’infrastructures qui a accompagné et soutenu le boom économique de la Guinée équatoriale. «Quand je suis arrivé, en 2003, je n’avais rien. La moitié de la Guinée équatoriale, c’était encore la brousse, j’ai commencé comme employé dans ce garage, et quand mon patron est parti, j’ai repris l’affaire. Et je me suis développé. » 

Il ne voyage plus en Business class que pour les vols long-courriers d’une durée supérieure à six heures, et seulement à titre professionnel. « J’ai ma propre politique d’austérité, qui est bienvenue ! »

Entre autres grands travaux, le gouvernement a fait construire sur la partie continentale du pays une ville entière, Oyala, un investissement de près de 2 milliards d’euros.

L’une des sociétés qu’il dirige – filiale d’un groupe brésilien – a décroché, à l’occasion de ce chantier colossal, un contrat de près de 86 millions d’euros, pour y construire l’Institut national d’éducation physique et sportive.

La récession qui a frappé durement le pays depuis 2015 n’en a été que plus douloureuse. Des marchés publics ont été arrêtés. Nombre d’entreprises ont souffert. Son chiffre d’affaires global a beaucoup baissé, notamment sur son activité de location d’engins. Comme nombre de ses compatriotes, il dit avoir perdu beaucoup d’illusions. 

Nécessaire réduction du train de vie 

Pourtant, il considère que « d’un mal peut sortir un bien » et attend beaucoup des programmes d’assainissement et de diversification de l’économie qui, il l’espère, permettront à son pays de se transformer et de repartir.

Il a dû licencier une partie importante de son personnel, a réduit ses frais professionnels et ses dépenses personnelles, à l’instar de l’État, dont il admet que le train de vie était « peut-être exagéré ». Autrefois, il ne voyageait qu’en Business class, y compris pour ses vacances en famille… avec ses sept enfants ! « Je me rends compte que c’était une bêtise. »

Il ne voyage plus en Business class que pour les vols long-courriers d’une durée supérieure à six heures, et seulement à titre professionnel. « J’ai ma propre politique d’austérité, qui est bienvenue ! »

Pour autant, les investissements massifs dans les infrastructures ne lui paraissent pas avoir été consentis en pure perte : 70 % à 80 % des revenus du pétrole y ont été consacrés, faisant mentir la « malédiction » des économies dominées par l’extraction des matières premières, car ces infrastructures demeurent et constitueront un atout, à l’avenir, précisément pour favoriser la diversification. 

Certains travaux ont déjà redémarré, après quelques années d’arrêt, notamment la route à la construction de laquelle ses sociétés participent. Le gouvernement a retenu 25 projets prioritaires, pour un montant global d’environ 200 milliards de F.CFA (305 millions d’euros).

Et le gouvernement, sur les conseils du FMI, a créé une structure administrative destinée à certifier les travaux, afin d’empêcher certaines dérives du passé, comme la surfacturation. Dans l’attente de jours meilleurs, l’austérité apprend aux Équato-guinéens à se comporter de manière « raisonnable ». Car, il en est convaincu, « le temps de l’argent qui coule à flots ne reviendra pas ».

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TAGS: Afrique centrale, Dimanche 16 juin 2019, ECONOMIE, Entrepreneur, Fernando Hermes Vega Moiche, Guillaume Weill-Raynal, Guinée Equatoriale
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