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Egoli : Nouveau langage musical

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Nouvelle annonce

Le nouvel album Egoli, du collectif Africa Express, venu d’Afrique du Sud, est une joyeuse collaboration qui mêle différents genres et traditions musicaux d’inspiration africaine et occidentale. Un bol d’air frais. 

Par Beverly Andrews

Africa Express, né en 2006 de la volonté de promouvoir un concept de collaboration musicale souhaitant s’affranchir des barrières géographiques, stylistiques et générationnelles, s’est mué en une série d’aventures musicales saluées par les artistes et le public du monde entier. Le groupe s’est produit en Afrique, en Grande-Bretagne et ailleurs en Europe. 

L’organisation très éclectique a permis au groupe d’effectuer une tournée, en train, au Royaume-Uni, dans le cadre des festivités des Jeux Olympiques de 2012, de se produire au New Shrine à Lagos, sur une plage en Espagne devant 50 000 personnes, et devant l’Hôtel de ville de Paris, reformer un orchestre de 50 musiciens syriens et enregistrer la seule et unique version du classique contemporain In C de Terry Riley. 

Depuis sa création, Africa Express affiche ses collaborations musicales, mêlant des artistes à la fois africains et anglais. Lors de l’événement inaugural du collectif, des musiciens occidentaux comme Fatboy Slim, Martha Wainwright et Jamie T étaient venus se produire dans le cadre du Festival au Désert organisé dans le sublime désert saharien, aux portes de Tombouctou. L’idée maîtresse de ce périple voulait utiliser la musique comme un levier pour faciliter le dialogue culturel. 

Au tout début d’Africa Express, musiciens occidentaux et africains se rendaient spontanément dans différentes villes d’Angleterre pour jouer dans des salles toujours situées à proximité des gares ferroviaires où ils débarquaient, tantôt des maisons des jeunes, tantôt des foyers pour femmes SDF. Ils se produisaient ensuite dans une salle de concert de la ville, là encore accessible à pied depuis la gare, avant de monter dans le train suivant pour leur date suivante, d’où le nom, « Africa Express ». 

Une joyeuse célébration du futurisme africain 

Ces collaborations spontanées cherchaient à créer une émulation et à faciliter une compréhension musicale réciproque entre les musiciens. Africa Express se voulait également un complément aux événements majeurs comme le Live Aid qui, bien qu’il eût permis de récolter des fonds pour lutter contre la famine qui sévissait en Éthiopie, faisait monter sur scène très peu de musiciens africains. Le légendaire Baaba Maal figure parmi les artistes africains ayant, par le passé, collaboré au collectif sud-africain. 

Cet été marque la sortie d’un nouvel album, baptisé Egoli, composé de 18 morceaux d’une exquise richesse réalisés par des musiciens originaires de diverses régions d’Afrique et réunis dans une joyeuse célébration du futurisme africain. Produit en seulement sept jours en Afrique du Sud, l’album est imprégné de sons frais et enjoués. Quelques-uns des musiciens les plus créatifs d’Afrique ont travaillé ensemble, aux côtés du membre fondateur, Damon Albarn. 

Horizon éclectique 

Les artistes sont issus de cultures aussi éclectiques que la musique qu’ils produisent. BCUC est un groupe originaire de Soweto qui tire son inspiration de la musique indigène d’Afrique du Sud. La plupart des chansons qu’il interprète sont des chants rituels ou des chants shebeens (bars locaux des townships) ou de la musique traditionnelle des églises. Ses chansons sont imprégnées de rap et de rock and roll. Sa musique intemporelle et traditionnelle dégage une impression ritualiste. Elle raconte la spiritualité, l’histoire et l’avenir de son peuple. 

Originaire de Johannesbourg, BLK JKS (prononcez « Black Jacks ») occupe un paysage musical très différent puisqu’il est un groupe de rock indépendant. Son premier album, After Robots, sortira en septembre, est une joyeuse fusion d’airs sud-africains chaloupés. Chantée à la fois en anglais et en zulu, sa charmante musique se veut inclusive. 

Autre artiste ayant participé à l’album Egoli, Marvin « DJ Spoko » Ramalepe était un producteur légendaire de musique électronique originaire de Pretoria. DJ Spoko a su créer et enrichir des styles musicaux très variés qui ont fait danser l’Afrique du Sud et la planète. À travers ses chansons, il a fait connaître sa ville et a redéfini les codes de la musique house sud-africaine. Celui qui a disparu le 14 mars 2018 a toujours mis sa passion pour la musique, au service de son public. 

D’une beauté stupéfiante 

Parmi les autres participants, Poté, venu tout droit de Londres, est un artiste électro dont la musique mêle des sons très hétéroclites. Enfin, l’extraordinaire Damon Albarn, membre fondateur d’Africa Express, dont la carrière exemplaire est aussi riche que variée, d’abord chanteur du célèbre groupe de pop britannique Blur, suivant ensuite une voie plus expérimentale avec Gorillaz avant enfin d’entrer dans le monde de l’opéra, avec sa première oeuvre, Monkey : Journey to the West, interprétée en mandarin. Présentée pour la première fois au public au festival international de Manchester, l’oeuvre a ensuite été programmée au London’s Royal Opera House. 

Ce ne sont là que quelques-uns des artistes ayant contribué à ce sublime album produit par Africa Express Records. Dès la première écoute d’Egoli, vous serez frappé par sa générosité musicale qui laisse toute la place aux voix qui le composent. Ce qui aurait pu sonner comme un fracas discordant de styles musicaux se révèle être d’une étonnante beauté donnant vie à un langage musical d’un nouveau genre. Alliant la beauté musicale à la beauté du geste, tous les bénéfices tirés de la vente du CD seront reversés à des organismes caritatifs oeuvrant essentiellement en Afrique.

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TAGS: Africa Express, AFRIQUE, Art et Culture, Culture, Egoli, musique
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