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Alain Kouadio PDG de Kaydan : »L’Afrique a besoin d’un secteur privé dense et fort »

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Élu pour la seconde année consécutive « Bâtisseur de l’économie africaine de l’année » à Abidjan, Alain Kouadio est la tête du groupe Kaydan, présent dans l’immobilier, les télécoms et la haute technologie. Il est aussi à l’origine de la création de la CGECI Academy.

Propos recueillis par Bilkiss Mentari 

Vous avez reçu pour la seconde année consécutive le prix du « Bâtisseur de l’économie africaine de l’année ». Pourtant vous rêviez d’être professeur en physique ? 

C’est vrai. Je fais partie de cette génération d’Ivoiriens qui dans les années 1980, avaient été séduits par la théorie du président Félix Houphouët-Boigny, pour qui, l’avenir appartenait aux scientifiques. Alors je me suis lancé à fond dans les études de physique avec l’objectif de devenir professeur d’université.

En parallèle de mon cursus de physicien, je suivais, en cours du soir, des études de management. C’est durant cette formation que mon professeur d’économie m’a dit que ce dont mon pays avait besoin c’était d’entrepreneurs et non d’enseignants !

De là est venu le déclic. Je décide alors de faire une petite pause dans mes études de doctorat en physique de l’université de Sherbrooke au Canada, et je m’inscris dans le programme de MBA de l’université de Moncton au Canada. Je complète ma formation par un diplôme de la Harvard Business School (Senior Leadership Program).

De retour en Côte d’Ivoire, j’occupe successivement les fonctions de responsable du département conseil de KPMG et de secrétaire général du Groupement des professionnels de l’industrie du pétrole (GPP). Au titre de cette dernière fonction, je siège à la commission économie et finance du patronat ivoirien.

Je fais la rencontre du président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI, le patronat ivoirien), Jean Kacou Diagou, véritable icône de l’entrepreneuriat Made in Côte d’Ivoire, fondateur du groupe NSIA. Cette rencontre renforce ma passion pour l’entrepreneuriat.

Je décide alors en 2009 de faire le grand saut en créant mon entreprise. En ce qui concerne, ce prix, c’est une belle reconnaissance, celle de mes pairs et de toute une nation. C’est également un encouragement à poursuivre nos efforts. 

Quels atouts pour être un entrepreneur à succès ? 

Dans le monde de l’entreprise, l’avantage compétitif ne peut venir que des qualités cognitives telles que l’audace, la persévérance, la passion, l’esprit d’innovation, la résilience… Ces qualités ne s’enseignent pas dans les Business School !

Mon succès à la tête du groupe Kaydan vient de mon optimisme débordant qui parfois, peut s’apparenter à de la naïveté. Lorsque l’échec vient à me rappeler que je suis trop optimisme, j’en tire les leçons, mais je conserve toujours cet état d’esprit.

Je n’ai donc aucune aversion au risque et chaque jour, je renforce ma résilience face aux échecs que je rencontre. Enfin je suis un passionné de l’entrepreneuriat et c’est cette passion que j’essaie de partager. 

C’est à ce titre que vous avez créé la CGECI Academy ? 

En ma qualité de vice-président de la CGECI, en charge de la stratégie, de l’entrepreneuriat national et la prospective, Jean Kacou Diagou me confie la mission de créer un événement qui serait le rendez-vous annuel du secteur privé.

Je lui propose ce grand forum de promotion de l’entrepreneuriat dénommé Cgeci Academy, dont je serai le président pendant cinq ans. Je me réjouis aujourd’hui que ce forum est resté l’événement économique majeur du patronat ivoirien. 

C’est pour aller plus loin que vous avez créé une fondation, Kaydan Project? 

J’ai la conviction que la croissance économique durable et inclusive des pays en développement ne peut se réaliser que par l’émergence d’un secteur privé local dense et fort.

Il faut donc susciter cette vocation de l’entrepreneuriat. C’est un changement drastique de paradigme d’autant plus que, l’Ivoirien n’a pas été imprégné par cette culture. Nous avons été formatés pour être d’excellents salariés.

Aucune action pour la promotion de l’entrepreneuriat ne sera donc de trop. M’inscrivant dans cette logique, j’ai créé la fondation Kaydan Project, qui a pour mission de promouvoir l’entreprenariat en Côte d’Ivoire. En mettant…

L’entrepreneuriat c’est comme une course de Formule 1 : de même qu’un pilote moyen au volant de la voiture la plus performante ne remportera pas de course, autant un mauvais entrepreneur ne saura mener à bon port une entreprise fût-elle la meilleure.

… en avant des parcours réussis, des hommes et des femmes qui, par l’entreprenariat, ont mené des carrières professionnelles réussies et exemplaires.

Nous produisons notamment des émissions Web qui mettent les projecteurs sur des réussites locales afin d’encourager les initiatives entrepreneuriales en Côte d’Ivoire. Nous avons opté pour les outils qui parlent aux jeunes, la vidéo, le Web, les réseaux sociaux pour toucher un plus large public. Et cela fonctionne !

Une de nos émissions, « Aucun regret » est d’ailleurs reprise tous les dimanches à la télévision nationale, la RTI. Et c’est un véritable succès ! Ce qui confirme la tendance : les Ivoiriens entreprennent de plus en plus et il naît une classe de jeunes entrepreneurs sérieux, qui travaillent à la pérennité de leurs organisations. Et ce n’est que le début, d’ici à quelques années la Côte d’Ivoire sera une terre d’entrepreneurs ! 

Avez-vous d’autres projets pour la promotion de l’entrepreneuriat? 

Absolument ! Notre fondation ambitionne de créer l’Institut ivoirien de recherche sur l’entrepreneuriat. Je reste convaincu que l’efficacité des politiques de développement d’un secteur privé local fort, telle que celle des « Champions nationaux » dépendra de l’acuité des hypothèses de base qui ne peut s’obtenir que par une démarche scientifique rigoureuse.

Plusieurs politiques de développement d’un secteur privé local conséquent ont échoué, parce qu’elles portaient sur la création de l’entreprise et non sur la construction de l’entrepreneur.

Selon moi, l’entrepreneuriat c’est comme une course de formule 1 : de même qu’un pilote moyen au volant de la voiture la plus performante ne remportera pas de course, autant un mauvais entrepreneur ne saura mener à bon port une entreprise fut-elle la meilleure.

Dans notre environnement culturel qui forcément est éloigné des réalités occidentales, par quels critères identifions-nous les meilleurs profils d’entrepreneurs ? Quelles sont les capacités cognitives d’un entrepreneur à succès dans nos pays ?

Comment mesurons-nous de façon quantitative et qualitative l’impact de la politique de champions nationaux sur la croissance économique de nos pays? Voici autant de questions, qui si elles sont bien prises en compte rendraient efficaces et efficientes nos politiques de construction d’un tissu dense d’entrepreneurs locaux.

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TAGS: Abidjan, Afrique de l'Ouest, Alain Kouadio, Bilkiss Mentari, CÔTE D'IVOIRE, Décideurs, ECONOMIE, Finances, Kaydan
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